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Quand on se compare, on se console ?


C’est la question qui m’est venue spontanément à l’esprit après avoir lu un billet de Jacques Drillon, du Nouvel Observateur, intitulé « Traduire plus pour gagner moins : grandeur et misère des traducteurs ». Ça vous dit quelque chose ? Au sein de l’OTTIAQ, nous sommes nombreux à nous interroger sur la direction que prend le marché depuis quelques années.

Bien que M. Drillon décrive la réalité contemporaine du marché français de la traduction, il y a néanmoins des parallèles à faire avec plusieurs problèmes que nous vivons actuellement de ce côté-ci de l’Atlantique. Tarification, reconnaissance professionnelle et ainsi de suite.

Côté tarification, les traducteurs français semblent généralement rémunérés au feuillet (de 250 mots), alors que plusieurs souhaiteraient passer à une tarification au mot. Ici, où la tarification au mot est la norme depuis longtemps, nous sommes plusieurs à nous demander si nous ne devrions pas plutôt facturer à l’heure – comme le font la plupart des autres professionnels.

L’auteur fait état d’une baisse de 15 % à 30 % du revenu moyen des traducteurs au cours des 15 dernières années. Un graphique de l’Association des Traducteurs Littéraires de France indique d’ailleurs que la rémunération est passée de 24 euros par feuillet en 1994 à tout juste un peu plus de 20 euros en 2011. Force est de constater que la pression à la baisse sur la rémunération des traducteurs n’est pas un phénomène strictement nord-américain.

Sur le plan de la reconnaissance professionnelle, M. Drillon divise les traducteurs en deux catégories. Les « traducteurs professionnels » et les « traducteurs occasionnels ». On définit le traducteur professionnel comme celui qui travaille toute la journée, tandis que le traducteur occasionnel doit s’astreindre à faire ses pages. Nous sommes donc loin du système professionnel en place au Québec. Malgré cela, j’ai parfois l’impression que certains traducteurs professionnels d'ici se comportent comme des traducteurs occasionnels, et ce, même s’ils « travaillent toute la journée ». Le professionnalisme, ce n’est pas juste une question de nombre d’heures travaillées par jour. L’attitude et la confiance y comptent également pour beaucoup !

Le texte intégral du billet.


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