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Edgar

Par François Lavallée, trad. a.

Edgar se démarque par sa jeunesse : jeunesse de l’entreprise (moins de 10 ans), jeunesse de ses quelques dizaines d’employés (moyenne d’âge inférieure à 30 ans). Aussi l’image « corporative » (pardonnez l’anglicisme) typique des sites Web d’entreprises de services ne lui sied-elle guère. La jeunesse, c’est l’idéalisme et la passion; or en traduction, l’idéalisme et la passion, c’est l’amour des mots. D’où une page d’accueil qui fait à ceux-ci une place d’honneur : des dizaines de mots, présentés un par un, chacun choisi avec soin par un employé (traducteur ou non!) pour son sens ou sa forme, parce qu’il rappelle un souvenir ou exprime un souhait, parce qu’il est rare ou appartient à une langue étrangère qu’on aime, parce qu’il est dense ou rigolo, mais toujours parce qu’on l’aime.

Ensuite, une section qui montre que « la traduction est une activité fascinante ». Ça, les traducteurs le savent déjà. Mais le profane? Le client? Le grand public? Il l’ignore souvent. Au lieu de lui faire visiter pour une énième fois le musée des horreurs de la traduction automatique, pourquoi ne pas plutôt lui montrer en quoi la traduction n’est pas une simple opération de recherche-remplacement pouvant être accomplie par la machine, et ainsi en quoi consiste concrètement l’art de traduire? Ces exemples inspirants valorisent la profession au lieu de verser dans l’opprobre et de donner de la visibilité à ses plus indignes représentants.

Enfin, les traducteurs d’Edgar aiment les mots, certes, mais ils aiment surtout les assembler, d’où un blogue où ils peuvent s’exprimer sur les sujets et sur le ton de leur choix, sans contenu promotionnel en tant que tel.

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En plus de la suggestion de François Lavallée, Circuit a retenu le billet « Avant de traduire verify par “vérifier”, vérifiez… » comme porte d’entrée au blogue.  En effet, en filigrane, ce petit article présente un raisonnement de traducteur expérimenté qui mérite d’être imité par les novices.


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