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Des revues

L’inuktitut, langue officielle du Nunavut

multilingualL’inuktitut, langue officielle du Nunavut depuis 2008, compte 65 000 locuteurs. Dans le numéro d’avril-mai de la revue Multilingual (accessible par abonnement), Alicia Assini révèle de nombreux détails fascinant à propos de cette langue dans « Canada's languages: More than English and French ».

Elle écrit par exemple, « The Inuit language in this instance actually refers to two of the up to sixteen dialects of the Inuit language: Inuktitut and Inuinnaqtun. » Elle renchérit en affirmant : « Essentially, the Inuit Language Authority was modeled after one of the most successful language authorities in the world, which has been instrumental in protecting and supporting the French language in Quebec. »

Le gouvernement du Canada contribue de son côté à la reconnaissance de l’inuktitut : « Major research by the Canadian government has funded the development of natural language processing tools such as a morphological parser, an e-dictionary and a search engine for Inuktitut. »

Enfin, cet article démontre que la dynamique linguistique au Canada ne se résume pas qu’à la paire français-anglais. B.P.

Une nouvelle revue consacrée à la traduction audiovisuelle

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L’Écran traduit nous offre, dans son numéro 2 (automne 2013), un article intitulé « Quand l’image traduit l’image : “doubler” le texte à l’écran », de Carol O’Sullivan. Cet écrit porte sur les « textes diégétiques (faisant partie de l’univers narratif) sur lesquels l’attention du spectateur est attirée, par exemple au moyen d’inserts. »

L’auteure passe en revue les problèmes posés par ce type de traduction et les différentes techniques utilisées au fil du temps afin de rendre ces inserts le plus fidèlement possible dans une version doublée. Elle qualifie ce processus de doublage textuel de « forme pré-numérique de localisation ». Le corpus d’exemples tirés de vieux films témoigne de l’ingéniosité des traducteurs audiovisuels de l’époque. Selon l’auteure, « la frontière est parfois poreuse entre versions multilingues et versions doublées : elles ne forment pas deux catégories distinctes mais un continuum ».

Quiconque s’intéresse à la traduction audiovisuelle trouvera son compte dans cette étude. B.P.

Misères de l’anacoluthe en langue technique

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Dans la dernière livraison de The Journal of Specialized Translation (Issue 21, January 2014), l’article de Henrik Køhler Simonsen intitulé « Danglers in patient information leaflets and technical manuals: an issue for specialised translators?  » repose sur la base suivante : « The hypothesis is that patient information leaflets will contain fewer dangling constructions than technical manuals because of the strict regulations on product information texts including PILs [PIL, « notice d’information »]. »

S’ensuit une intéressante réflexion théorique sur les anacoluthes connues en anglais sous le nom de « dangling participles. » L’analyse de concordance qui complète cette réflexion sert à démontrer la validité de l’hypothèse. Il est par ailleurs important de mentionner le rôle prépondérant des directives de la Communauté européenne dans la rédaction de notices d’information claires et lisibles.

En conclusion, l’auteur affirme : « Consequently, in an increasingly international world where texts are often translated by the lowest bidder and sometimes translated by translators with English as their second or even third language, dangling participles are sometimes an issue for both translators, who translate specialised texts, and for readers, who might have to presuppose too much information.  » B.P.

Palimpsestes

palimpsestes

La plus récente livraison de Palimpsestes (no 26 – La cohérence discursive à l’épreuve : traduction et homogénéisation) réunit des contributions sous le thème de l’homogénéisation en traduction, qui consiste à « donner un coup de peigne » à l’original par l’uniformisation et l’unification de traits linguistiques, stylistiques et textuels hétérogènes. En première partie, centrée sur les figures de l’homogénéisation, on trouve un article de Julie Tarif, « De l’homogénéisation des associations lexicales créatives dickensiennes : le style dickensien mis à l’épreuve en traduction », qui s’intéresse à l’homogénéisation de la prose de Charles Dickens (notamment les métaphores) dans les traductions françaises d’Oliver Twist. Un autre article, celui-là de Linda Pillière, « Re-working translations for the American reader – or the domestication of British English translations » porte sur les différences textuelles et linguistiques entre les traductions britanniques et étatsuniennes de deux romans français parus récemment.

Dans le même numéro, Karen Bruneaud se penche, dans « Traduire la langue-patrie dans les romans de Paule Marschall : aux croisements de l’identité individuelle et collective », sur la difficulté de la traduction de l’hétéroglossie d’un roman de Paule Marshall (Brown Girl, Brown Stones) dont les dialogues sont formulés dans la langue métissée des immigrants de la Barbade, une variété du vernaculaire noir-américain. Enfin, un article d’Agnès Whitfield, « La voix anglaise de Marie-Claire Blais : enjeux diachroniques de l’homogénéisation », s’intéresse plutôt à l’évolution nécessairement hétérogène du style d’une auteure comme Marie-Claire Blais et à la difficulté pour le traducteur de rendre avec justesse, et surtout de façon constante, cette évolution. On relève notamment l’hétérogénéité manifeste bien souvent entre la chronologie de la publication des œuvres d’une auteure comme Marie-Claire Blais et la chronologie de la traduction de ces œuvres.

Le numéro précédent de Palimpsestes (no 25 – Inscrire l’altérité : emprunts et néologismes en traduction) porte sur un thème récurrent en traduction qui touche la présence ou l’effacement des éléments étrangers dans le texte traduit. Emmanuelle Roux propose, dans « L’emprunt et le néologisme dans la traduction médiévale : un autre regard », de reconsidérer favorablement les emprunts au français dans la traduction anglaise manuscrite de classiques du Moyen-Âge, ce qui contraste avec la vision conventionnelle de ceux-ci comme de simples erreurs de traduction de copistes. Rudy Loock, dans « Komen traduir l’inovassion ortografik : étude de ca », caractérise les procédés de traduction utilisés pour rendre les styles et les écarts orthographiques utilisés en anglais dans trois œuvres littéraires, dont Forrest Gump, de Winston Groom, et son dialecte orthographique si particulier. Enfin, Françoise Wuilmart, dans « Violenter la langue cible sans la violer ou le transfert bien dosé.
À l’exemple de la traduction du Principe Espérance de Ernst Bloch », nous informe sur le style de l’écriture blochienne (refus de l’abstraction, formulations insolites), sur sa philosophie d’ouverture sur le monde, et sur les particularités de la traduction de l’allemand au français de ce point de vue singulier, notamment sur l’importance de ne pas clore le propos de l’auteur se présentant comme un système ouvert, pour éviter justement de le déformer par des artifices de francisation ou stylistiques. E.P.

Benoit Paré et Éric Poirier, trad. a.

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