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L’Atelier de traduction

Le numéro 20 comprend un dossier thématique sur la critique des traductions. On y retrouve un article d’Alexandra Hillinger qui s’intitule « Analyser les quatre traductions de Des Sauvages de Samuel de Champlain : réflexions sur le modèle d’Antoine Berman ». Cet article expose « comment les théories avancées par Antoine Berman nous ont permis de comparer les quatre traductions anglaises du récit de voyage “Des Sauvages, ou Voyage de Samuel Champlain de Brouage fait en la France nouvelle, l’an mil six cens trois”, écrit par le fondateur de la ville de Québec, Samuel de Champlain, lors de son premier séjour en Nouvelle-France ». Pour le bénéfice des commentateurs qui pourraient invoquer que les théories de Berman ont été conçues pour critiquer les textes de nature littéraire, Madame Hillinger justifie son choix en expliquant que « le texte de Champlain s’inscrit dans le courant de la littérature de l’exploration (Warkentin, 2007 : 13-14) ».

L’auteur a réalisé « une analyse textuelle contrastive des quatre traductions et de l’original de Champlain afin de voir comment les horizons traductifs, les positions traductives et les projets de traduction ont influencé les versions finales ». En conclusion « Berman propose un modèle général qui peut être enrichi pour traiter des particularités propres à un texte donné. Le caractère solide et néanmoins flexible de ce cadre d’analyse fait la qualité du modèle de Berman. » B. P.

ATA Chronicle

Pour la fin du volume 42 (année 2013), on trouve dans le mois d’octobre 2013 (no 10), une discussion entre un traducteur et un terminologue sur la terminologie, une analyse des besoins auxquels peuvent répondre les cours en ligne et un article sur les différentes façons pour les traducteurs en pratique privée d’accroître leurs services. Dans le numéro de novembre-décembre 2013, on peut notamment lire un article sur les stratégies pour conserver sa clientèle, et prendre connaissance des liens professionnels entre les notaires publics (à ne pas confondre avec les notaires du droit civil) aux États-Unis et les traducteurs pour tout ce qui concerne la certification et la traduction des documents officiels. Ce numéro contient aussi un article qui traite des situations conflictuelles avec lesquelles les interprètes doivent composer lorsqu’ils accompagnent à l’hôpital des patients de langue et de culture étrangères. Dans le numéro de janvier 2014 (volume 43, no 1), on trouve entre autres un article sur l’évolution de la post-édition au cours des dix dernières années ainsi qu’une description intéressante de la traduction des scénarios – un des rares types de documents rédigés pour être traduits ou adaptés (au cinéma ou au théâtre). Enfin, le numéro de février 2014 (no 2), présente notamment un article sur les dédales du perfectionnement professionnel en traduction aux États-Unis. E. P.

L’Observateur de l’OCDE

Dans « L’art changeant du langage », au numéro 293, René Prioux, qui a travaillé 26 ans à l’OCDE et en a dirigé les services de traduction de 1996 jusqu’à sa retraite en 2011, nous livre une réflexion captivante sur la profession de traducteur. [À propos des TIC] « Toutefois, face à cette débauche de moyens technologiques, on serait en droit d’attendre des gains qualitatifs et quantitatifs considérables […] La qualité de la traduction ne s’est pas améliorée, loin s’en faut, et la productivité n’a pas autant crû que les plus chauds partisans des nouvelles technologies le promettaient. Ce hiatus entre progrès technique et gains de performance est a priori mystérieux. » [À propos de la nature du travail de traduction] « En réalité, il n’y a guère de mystère. La traduction reste avant tout une activité intellectuelle qui consiste à analyser et comprendre de l’information pour la restituer fidèlement dans une autre langue. Si les outils modernes permettent de trouver plus rapidement un équivalent terminologique ou d’éclairer un concept inconnu, c’est l’être humain qui continue de faire ce travail d’analyse, de compréhension et de restitution. » […] « Ils [les traducteurs] ont su s’approprier les nouvelles technologies de l’information et de la communication applicables à leur domaine, ils continuent de suivre les progrès de la TA et ils s’intéressent aux nouveaux modes de communication, comme le crowdsourcing, dont les possibilités d’application à la traduction font d’ores et déjà l’objet d’études. En ce sens, les traducteurs restent des acteurs de leur temps, aptes à apporter efficacement leur savoir-faire à la communauté internationale pour contribuer au progrès grâce à une meilleure communication au sein du village planétaire. » Cet article date de 2012 mais il a conservé toute son actualité. B. P.

E-CRINI

Le no 5 (novembre 2013) de la revue E-CRINI – le CRINI est le Centre de Recherche sur les Identités Nationales et l'Interculturalité de l’Université de Nantes – comprend un article de Cécile Marshall intitulé « Goûter les mots ou comment traduire Tony Harrison ». La traductrice de ce poète anglais contemporain « nous invite à découvrir l’auteur pour comprendre la démarche qui a orienté sa traduction en français » : « Pour traduire la poésie de Tony Harrison, lui-même traducteur avisé, on ne peut faire l’économie de s’intéresser de près aux écrits de l’auteur sur la traduction. Il expose, en effet, sa conception et sa pratique de la traduction dans les introductions et les préfaces à ses propres œuvres. » De même, « son travail s’apparente ainsi autant à la traduction qu’à la métacritique : “The version itself is my form of exegesis” (Plays 2, 4). » L’auteure termine son article par une bibliographie des œuvres du poète en anglais et en français, suivie d’une liste d’études qui lui sont consacrées. B. P.

The Linguist

Dans le vol. 52, no 5 de ce magazine publié par le Chartered Institute of Linguists, un article traite du phénomène récent mais de plus en plus répandu des vols d’identité professionnelle chez les traducteurs ; on y explique comment mieux se protéger. Un article aussi sur la tendance qu’a inaugurée le réseau Facebook vers l’externalisation ouverte de la traduction de son interface et sur ce qu’ont à y gagner ou non les traducteurs professionnels. Mentionnons également un article faisant suite à la critique récente des écrits de Freud en anglais et qui s’intéresse à l’impact de ces critiques sur la traduction en chinois qui s’en est servi comme texte source. Le vol. 52 no 6 propose un dossier sur les outils d’aide à la traduction et sur l’intégration de la traduction automatique dans les systèmes de TAO. On y trouve par ailleurs un article intéressant sur le multilinguisme dans l’Union européenne ainsi que sur le statut particulier de la langue anglaise dans cette région du monde. Le vol. 53, no 1 propose un article sur la traduction des jeux vidéo, ainsi qu’une vue originale des activités et de la culture françaises à Londres, sixième ville « francophone » en importance dans le monde lorsqu’on tient compte du nombre de francophones qui y vivent. E. P.

Benoit Paré et Éric Poirier, trad. a.


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