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De l'initiative à la pérennité – l'OTTIAQ et Cuba

« Une initiative remarquable cette année était l’organisation, conjointement avec l’Université McGill, le Centre de traduction et de terminologie spécialisées du gouvernement de Cuba et l’Université de La Havane, d’un colloque sur la traduction et l’interprétation professionnelles au Canada et à Cuba au mois de décembre 1996 à La Havane. Il en est résulté une entente de collaboration qui vise à promouvoir des échanges professionnels entre les deux pays et, éventuellement, à favoriser des échanges commerciaux1. »

Par Johanne Boucher, trad. a., et Réal Paquette, trad. a.

Depuis le colloque de 1996 et l’engagement des premiers représentants de l’Ordre et de son Comité des langues étrangères, les choses ont bien évolué. Pendant six ans, ce sont des membres de l’OTTIAQ qui se chargent de l’organisation du colloque avec des représentants de l’Instituto de Documentación e Información Científico-Técnica (IDICT) de Cuba. En 2002, l’Asociación Cubana de Traductores e Intérpretes (ACTI), membre de la Fédération Internationale des Traducteurs (FIT), prend la relève de l’IDICT. Du côté canadien, le Conseil des traducteurs et interprètes du Canada (CTIC), organisme fédéral homologue de l’ACTI et membre de la FIT, est désigné coorganisateur à la place de l’OTTIAQ. Une entente à cet effet est signée au colloque de décembre 2002.

La réputation du colloque bisannuel se confirme. Il offre aux praticiens et aux universitaires d’ici et d’ailleurs une vitrine internationale où présenter le fruit de leurs recherches. Comme l’affirme Luis Alberto González Moreno, président de l’ACTI, « [il s’agit de] la seule activité scientifique internationale entièrement consacrée à la traduction, à l’interprétation et à la terminologie qui se déroule au pays; […] c’est une occasion unique pour les spécialistes cubains […] Au fil des ans, [le colloque] est devenu la principale activité de perfectionnement professionnel de nos membres. » Rappelons d’ailleurs que dès le début, les langues officielles sont l’espagnol, le français et l’anglais et qu’un service d’interprétation simultanée est assuré par l’ACTI et l’Equipo de Servicios de Traductores e Interpretes (ESTI).

En décembre 2008, à l’occasion de l’Année internationale des langues proclamée par l’ONU, le Réseau mondial pour la diversité linguistique (MAAYA) et l’Union latine organisent, en collaboration avec l’ACTI, l’ESTI et le CTTIC, le Congrès mondial sur la traduction spécialisée en lieu et place du colloque habituel. Autre jalon international.

Le septième colloque qui, pour des raisons de logistique, se tient en mars 2011 plutôt qu’en décembre 2010 a pour thème La traduction : un monde en constante évolution. Johanne Boucher, trad. a., directrice générale de l’OTTIAQ, et Réal Paquette, trad. a., alors premier vice-président, y représentent l’Ordre. M. Paquette, dont c’est la première participation, constate alors toute l’importance de l’événement.

En décembre 2012, à l’occasion du huitième colloque dont le thème est Enjeux et perspectives pour les langagiers d’aujourd’hui, , Réal Paquette, devenu président de l’Ordre, présente un exposé sur le rôle-conseil du traducteur, Johanne Boucher y parle de l’éthique dans les relations commerciales, tandis que Philippe Caignon, trad. a., term. a., traite de l’initiation aux wikis dans l’enseignement de la terminologie.

Fort des liens établis avec l’ACTI et la FIT, et animé par le leitmotiv du plan stratégique de l’Ordre – Prendre sa place –, le président entame, dès son retour, un processus de négociation avec l’ACTI et le CTTIC afin de conclure une convention générale de coopération tripartite qui aurait pour effet de reconnaître l’apport constant de l’OTTIAQ à l’organisation des colloques et de consolider l’engagement financier des organisateurs afin d’assurer la pérennité de cet événement bisannuel dont la pertinence est indéniable. Il faut rappeler que l’OTTIAQ n’est plus membre du CTTIC depuis le printemps 2012 et n’est plus officiellement partie prenante du colloque même si, dans les faits, ce sont des membres de l’Ordre qui en assurent l’organisation du côté canadien.

C’est ainsi que le neuvième colloque s’ouvre, en décembre 2014, sur une cérémonie de signature officielle de la convention tripartite et l’adoption d’une nouvelle désignation : Colloque sur la traduction, l’interprétation et la terminologie Cuba-Québec-Canada. Dans son allocution d’ouverture, le président rappelle le chemin parcouru et réitère l’engagement de l’Ordre : « […] c’est parce que nous avons encore beaucoup à faire au plan de la valorisation de nos professions que j’assure mes homologues de l’ACTI et du CTTIC de la pleine et entière coopération de l’OTTIAQ. » 

Le thème retenu pour ce colloque, La valorisation comme remède à bien des maux, si cher aux Ottiaquois, est partagé par les membres d’autres associations régionales et nationales de langagiers. Le premier conférencier, Réal Paquette, donne le ton en faisant un état des lieux de la traduction au Québec et des efforts de valorisation en cours. Il est suivi de François Abraham, trad. a., qui présente le rôle-conseil du traducteur comme moyen de valorisation.

Dans son allocution de clôture à ce dernier colloque, Silvana Marchetti, vice-présidente de la FIT et présidente de FIT Amérique latine, annonce que, vu l’importance du Colloque Cuba-Québec-Canada, la qualité des travaux qui y sont présentés, la qualité de son organisation et l’atmosphère fraternelle qui règne, le nouveau président de la FIT, Henry Liu, a choisi de tenir la réunion de son Conseil mondial à La Havane en décembre 2016 à l’occasion de notre prochain colloque. Cette marque de reconnaissance rejaillit sur tous ceux qui ont participé à l’organisation des colloques antérieurs, ceux qui y ont présenté des communications et ceux qui y ont assisté.

Voilà donc comment, par son engagement à l’organisation du colloque et la participation de ses membres à la réflexion sur les enjeux de nos professions, l’OTTIAQ poursuit les objectifs de son nouveau plan stratégique 2014-2017, Agir pour influencer, et traduit en gestes concrets ses valeurs de leadership, de responsabilité et de professionnalisme.

1. BruceKnowlden, trad. a., président de l’OTIAQ, Rapport annuel de l’OTIAQ 1996-1997. Le « T » des terminologues n’a été intégré à l’acronyme qu’en 2000.

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