Imprimer
Partage :

Des revues

Du livre à la liseuse en passant par les raccourcis Word

Le numéro du printemps 2014 du magazine Voix active (à télécharger) traite de L’évolution de l’édition : du livre à la liseuse. On y trouve notamment de l’information utile sur le processus d’édition électronique dans « La révision d’articles scientifiques en ligne » d’Anna Olivier, un tableau de raccourcis pour Microsoft Word dans « Le réviseur efficace » de Bruno Grenier, une liste de néologismes dans « Mots inventés, mots à propos » d’Anne-Marie Deraspe et une réflexion sur le thème par Tammy Burns dans « Fast Times in e-Editing ». Par ailleurs, les amateurs et amatrices de mots croisés se régaleront du petit bijou concocté par Marie-Christine Payette portant sur le monde du livre et l’évolution du métier de réviseur. L. T.

De la fiction policière à la cour de justice en passant par Dexter

Le numéro 22 de JoSTrans (juillet 2014) offre plusieurs articles portant sur la traduction de fictions policières. D’abord, Karen Seago donne un aperçu du sujet dans « Introduction and overview of crime (fiction) in translation ». Ensuite, Jean Anderson traite, dans « Hardboiled or overcooked? Translating the crime fiction of Léo Malet », des difficultés que pose le style de cet auteur, tandis qu’Ellen Carter se concentre sur la métaphore souvent escamotée dans le texte d’arrivée dans son article « Why not translate metaphor in French crime fiction? The case of Cary Férey’s Utu ». Dans « From literary girl to graphic novel hero – transmedial transformation of Stieg Larsson’s Lisbeth Salander », Kerstin Bergman analyse les stratégies de traduction intersémiotique retenues par Mina, Mutti et Manco pour adapter la trilogie Millénium en roman graphique, tandis que « Subtitling stereotyped discourse in the crime TV series Dexter (2006) and Castle (2009) », des auteures Blanca Arias Badia et Jenny Brumme, s’intéresse davantage aux récurrences lexicales et syntaxiques propres aux séries policières diffusées à la télévision. Dans une perspective non fictionnelle, trois articles traitent d’interprétation et de traduction juridique : « Translating the mafia: legal translation issues and strategies » de Nicholas Whithorn, « Criminals interpreting for criminals: breaking or shaping norms? » de Aída Martínez-Gómez et “From suspicion to collaboration: defining new epistemologies of reflexive practice for legal translation and interpreting” de Maria Rosario Martín Ruano. L. T.

Glosas : Spécial 20e anniversaire

Glosas est une publication de l'Académie de la langue espagnole des États-Unis (A.L.E.É.U.). Depuis 1994, elle compte quatre objectifs principaux : divulguer des nouveaux mots techniques et scientifiques et leurs équivalents en anglais des États-Unis; faire une analyse critique des anglicismes acceptés ou rejetés; publier les termes suggérés par la Commission de traductions de l’A.L.E.É.U.; recenser des dictionnaires et d'autres ouvrages reliés à la traduction. Le magazine publie également des commentaires de lecteurs et les réponses des éditeurs.

Dans son numéro de juin 2014, le magazine célèbre son 20e anniversaire. Il en profite pour souligner le rôle de la traduction et des traducteurs, de même que le travail de Joaquín « Jack » Segura, l'académicien-traducteur à l'origine de Glosas. L'A.L.E.É.U. est la seule académie de la langue espagnole où les traducteurs ont joué et jouent toujours un rôle prépondérant, en raison du bilinguisme qui caractérise une bonne partie des États-Unis. Leticia Molinero, académicienne et traductrice, directrice du numéro recensé, souligne que « il y a vingt ans on vivait très intensément, et pour la première fois, [on expérimentait] un vrai torrent d'anglicismes, calques et emprunts de l'anglais de l'informatique et d'autres technologies ». Cela a donné naissance à la première commission de travail universitaire de l'A.L.E.É.U., la Commission de traductions, puis à Glosas, en tant qu'effort associé pour faire face à des « jours extraordinaires » qui, selon Segura, « sans temps ni espace pour le recours du refus », ont forcé la langue espagnole à s'adapter. Glosas se consacra alors à l'inventaire « minutieux » des néologismes et des faux amis, parmi d'autres phénomènes linguistiques, de même qu'à débattre et à recommander l'adoption ou le rejet de ce flux incessant de termes.

Ce numéro anniversaire illustre, à travers les témoignages des traducteurs sur le travail de Segura, mais surtout dans les sections traditionnelles de la publication – par exemple la mise à jour de 2014 de la Commission des traductions sur les néologismes –, l’évolution différente entre l'espagnol des Amériques et celui d’Espagne, phénomène semblable à ce qui se produit quant au français canadien et celui de la France. Du côté européen, depuis un certain temps, on accepte plus facilement les néologismes-calques. Du côté américain, on cherche plutôt à adapter le terme anglais à la nature des langues latines. L'exemple de « bit », accepté comme tel par le Dictionnaire de l’Académie royale espagnole et traduit par « bitio » pour les Amériques, est assez représentatif. Au vu de cette situation, il serait intéressant que les traducteurs et les organismes qui travaillent avec les langues latines, minoritaires en Amérique du Nord, se mettent en contact les uns avec les autres pour partager leurs trouvailles. R. E. C. R.

Le rôle de l’interprète en santé mentale et communautaire

Dans le numéro 4 du volume 43 d’ATA Chronicle (avril 2014), Arianna M. Aguilar souligne le rôle crucial de l’interprète dans le diagnostic de maladies mentales. C’est principalement par ce qu’un patient exprime (et la manière dont il le fait) que le psychiatre pourra poser un diagnostic. Quand la langue est un obstacle entre le médecin et le patient, l’interprète doit décrire le plus fidèlement possible les paroles et les modes d’expression du patient, expressions qui seront modulées de toute évidence par son appartenance culturelle. La tâche se corse d’autant plus lorsque l’interprète doit composer avec des modes d’expression altérés par une aphasie ou des psychoses, par exemple. Par ailleurs, dans « Interpreter of Maladies » (vol. 43, no 6, juin 2014), Edwandro Magalhães présente son travail d’interprète dans un centre médical en milieu défavorisé comme un vent de fraîcheur pour l’interprète de conférences qu’il est. Selon lui, « [h]ealth care interpreting is a gentle reminder of what interpreting is about: humans interacting to satisfy immediate human needs. It is a departure from the dull routines of stale salutes and compliments lacquered in studied urbanity. » M.-H. G.

Et si le traducteur était un personnage…

Dans le numéro 226 de Traduire, intitulé Face au miroir, on cherche « à décrypter comment est restituée l’image du traducteur et quelle part de fantasmes il nourrit à travers les époques et dans la littérature ». Le premier texte, « Les traducteurs de papier », est issu de plusieurs articles publiés dans Circuit (en 2003) par Jean Delisle. Un coup d’œil à « Appelez-moi donc co-traducteur ou semi-traducteur » de Barbara Innocenti vaut la peine ne serait-ce que pour lire les dix commandements du bon traducteur de Domenico Valentini. Dans « Traduction, réalité et fiction dans Le désert mauve de Nicole Brossard », Patricia Godbout se penche « […] sur cette œuvre [Le désert mauve] qui a joué un rôle indéniable dans la redéfinition du paradigme de la traduction dans les lettres québécoises. [Elle] a contribué à redéfinir la traduction non plus seulement en termes linéaires, mais comme entrelacement du corps du texte à traduire et du corps du texte traduit. » M. B.

Sur la traduction de rapports de pathologie et d’articles scientifiques

ATA Chronicle reprend dans son numéro de juillet 2014 un article intitulé « Translating Pathology Reports: An Outline ». Marie Brotnov décrit les principales caractéristiques et sections de ces rapports, explique les termes qui y apparaissent couramment et donne quelques ressources en ligne pour guider le traducteur. L’article est rédigé de manière très pragmatique et relève plusieurs exemples de défis auxquels le traducteur sera confronté. Dans le numéro de mai 2014, Sergio Lozano signe « Assisting Researchers in the Translation and Submission of a Manuscript for Publication », où il trace un portrait du traducteur comme partenaire et accompagnateur du chercheur qui souhaite faire publier ses articles scientifiques en anglais. Le traducteur qui connaît bien le processus de sélection et de publication d’articles dans les revues scientifiques saura se distinguer et offrir à ses clients une gamme étendue de services, allant des conseils quant au choix de la revue aux communications avec le comité éditorial en passant par la gestion des sources et des références. (M.-H. G.)

Ont collaboré à la chronique Myriam Bougie, Raúl Ernesto Colón Rodríguez, Marie-Hélène Gauthier et Louise Thériault


Partage :