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Travail autonome : l’envers du décor

Par Isabelle Veilleux, traductrice agréée, et Maria Ortiz Takacs, traductrice agréée

Pour diverses raisons, traduction et travail autonome semblent aller de pair : dans l’esprit de bien des gens, les traductrices sont toutes plus ou moins pigistes. « Tu es traductrice? Formidable, ça veut dire que tu travailles chez toi! » C’est cette idée assez répandue qui a inspiré le thème de ce numéro. 

Bien sûr, les langagiers professionnels savent que cette perception ne reflète pas l’entière réalité. Ils connaissent par ailleurs très bien la situation des pigistes, pas toujours facile notamment en raison des nombreuses tâches que ceux-ci doivent accomplir au delà du travail langagier comme tel.

Pour cette raison, plutôt que de présenter un dossier descriptif, Circuit a choisi de montrer l’envers du décor du travail autonome. D’abord, l’une des préoccupations principales de certains pigistes est la solitude qu’entraîne ce statut. Marie-Carole Daigle nous parle de cette question et présente plusieurs solutions pour briser l’isolement. Autre source de stress importante : la perspective d’une inspection professionnelle. Bien que tous les membres de l’OTTIAQ sont susceptibles d’être un jour inspectés, cette perspective est particulièrement angoissante pour les travailleurs autonomes, qui ne bénéficient pas de toute l’infrastructure organisationnelle dont disposent les langagiers salariés. Pour atténuer les appréhensions, Liza Beaulieu, inspectrice-conseil de l’OTTIAQ, explique en quoi consiste son travail et démystifie un peu l’inspection professionnelle.

Les pigistes se posent par ailleurs de nombreuses questions quant aux attentes de différents clients potentiels. Mariana Quiroga nous invite donc à envisager le travail des pigistes du point de vue de la gestionnaire des fournisseurs de service. C’est en connaissant mieux les attentes des donneurs d’ouvrage que les langagiers peuvent cibler leurs tactiques de mise en marché; le tout est de s’y prendre de la bonne façon. Ainsi, dans la tradition métaphorique de certaines écoles de coaching, Joachim Lépine décrit différentes façons de se présenter aux clients potentiels, d’aucunes à éviter, d’autres à adopter.

Dans un autre ordre d’idées, la situation des pigistes qui pratiquent la traduction français-anglais au Québec est le plus souvent éclipsée en raison de leur petit nombre. Marie Ann Boulanger fait ici sortir cette réalité de l’ombre.

Et comme, contrairement aux langagiers professionnels, les étudiants et les nouveaux diplômés n’ont pas toujours une idée très claire de ce qu’implique le travail autonome, Maria Ortiz Takacs donne quelques conseils à ceux qui souhaitent faire le grand saut.

En complément du dossier, Mercedes Amoretti inventorie, dans la chronique en langue espagnole La esfera hispánica, les nombreuses compétences que doivent acquérir les pigistes pour tirer leur épingle du jeu, et la chronique Entretiens présente François Racine, travailleur autonome qui, aux portes de la retraite, livre quelques réflexions sur son expérience dans le monde de la traduction.


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