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La terminologie du point de vue de la relève

Par Mariya Goncharova

3-Portrait Mariya GoncharovaIl est difficile aujourd’hui d’imaginer une formation en traduction qui ne comprendrait pas au moins des notions de base en terminologie. De leur côté, les traducteurs et traductrices ayant obtenu l’agrément il y a un certain moment ont tous une idée de ce qu’est la terminologie, et ont acquis par eux-mêmes des techniques de recherche au fil du temps.

Bien que la terminologie demeure souvent dans l’ombre de professions langagières plus connues, les compétences terminologiques sont essentielles pour mener à bien bon nombre de travaux au sein de ces professions. Les aptitudes pour la recherche, le repérage rapide de données ou de crochets terminologiques, ainsi que la synthèse et la consignation de l’information ne sont que quelques-unes de ces compétences. La terminologie nécessite également des qualités comme la curiosité et le souci du détail, de même qu’un talent pour la résolution de problèmes.

Le début de carrière est un excellent moment pour parfaire les compétences terminologiques acquises au cours des études, de même que certaines qualités qui resteront précieuses peu importe la voie professionnelle choisie. Un stage en terminologie dans une entreprise privée ou dans le secteur public constitue assurément une expérience enrichissante, qui permettra peut-être de découvrir une passion, ou encore d’entreprendre une nouvelle carrière.

Un stage au privé…

Dans le secteur privé, le travail des terminologues dépend en grande partie des exigences du client. Les travaux effectués par les stagiaires au sein d’une entreprise privée doivent être avantageux et efficaces pour cette dernière, et satisfaire à ses besoins. Par ailleurs, plusieurs compagnies du secteur privé exigent que les entreprises langagières qui soumissionnent à des appels d’offre aient un processus de gestion de la terminologie. Quoi qu’il en soit, pour les terminologues stagiaires, le travail consistera en général à consigner les termes approuvés par le client dans la base de données fournie par ce dernier ou encore à dépouiller les documents de référence bilingues du client pour y repérer des termes et des équivalents. Ce type de travail leur permettra de perfectionner plusieurs compétences : le raisonnement, l’évaluation des besoins du client, la communication avec ce dernier et, surtout, l’efficacité et la rapidité. Les contraintes qui entourent le travail des terminologues dans le secteur privé sont l’argent, le temps, et bien entendu, les besoins du client. La rapidité exigée n’offre pas souvent l’occasion d’approfondir les recherches. Toutefois, comme les impératifs de temps et d’argent empêchent parfois les entreprises de créer des postes permanents pour les terminologues, elles privilégieront souvent  l’embauche de stagiaires. Il existe donc là une bonne occasion pour la relève d’acquérir une expérience concrète en terminologie, qui pourrait se révéler une porte d’entrée dans ce domaine.

… ou bien au public

Il est également possible d’effectuer un stage dans le secteur public. Dans la fonction publique fédérale, par exemple, on compte quelques dizaines de terminologues dont les travaux alimentent TERMIUM Plus®, banque de données terminologiques accessible à tous. Les stagiaires au public font le même travail que les terminologues chevronnés, mais à un rythme qui favorise l’apprentissage. Le travail terminologique dans le secteur public comprend la prestation de conseils linguistiques, la recherche, qui est souvent approfondie, ainsi que le travail sur les outils destinés aux fonctionnaires et au grand public, tels que les banques de données et les bulletins de terminologie. Au fédéral, les terminologues offrent notamment leurs services aux traducteurs à l’interne de même qu’aux citoyens qui transmettent des demandes au moyen du site Web. Par conséquent, les terminologues doivent faire appel à leurs compétences en rédaction et en communication. La particularité du travail au sein de la fonction publique est que l’on dispose de plusieurs ressources internes, comme des bibliothécaires, et aussi du temps nécessaire aux recherches. Bien entendu, les terminologues doivent consulter les ressources efficacement et faire des recherches pertinentes. Mais par-dessus tout, la qualité du service et l’attention portée aux besoins des destinataires finaux sont essentielles : le travail effectué pour les traducteurs à l’interne tiendra compte des échéances qui leurs sont imposées; pour les demandes provenant du public, les recherches seront approfondies, car l’équivalent et les renseignements linguistiques seront consignés dans une banque terminologique consultée dans le monde entier.

Une occasion en or pour la relève

La terminologie présente d’excellentes occasions de perfectionner diverses compétences acquises au cours des études. Pour accéder à ce domaine et le découvrir, il est possible de faire un stage au privé ou au public; la relève ne devrait pas hésiter à entreprendre des démarches dans ce sens. Poser des questions, réseauter et demeurer ouvert aux possibilités sont des comportements clés au cours de ces démarches. Les qualités et les compétences liées à terminologie auront toujours une grande place dans les métiers langagiers, et ce domaine n’a certainement pas fini de nous surprendre.


Mariya Goncharova est diplômée en traduction de l'Université de Montréal. Elle a complété sa formation sous le régime coopératif et a effectué des stages en traduction et en terminologie. Elle fait partie du comité de la relève de l’OTTIAQ depuis sa création. mariya.goncharova@umontreal.ca  https://www.linkedin.com/in/mariya-goncharova-a43b9910a/

 


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