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Harmoniser musique et traduction

La musique nous entoure et fait partie de nos vies. Nous la faisons nôtre sous la douche, nous l’entendons à la radio le matin dans la voiture, et elle accompagne notamment nos séries télévisées et films préférés. Elle sert à la fois de barrière pour nous séparer d’un monde parfois tumultueux, de refuge après une journée stressante, de « madeleine de Proust » quand elle nous ramène dans nos souvenirs d’enfance. Malgré une telle omniprésence, son importance culturelle fait rarement l’objet de discussions chez les spécialistes du langage.

Ce numéro propose un tour d’horizon des questions qui se rejoignent au confluent de la traduction et de la musique. Pour ce faire, Circuit a approché des universitaires qui s’intéressent au sujet depuis longtemps, des traductrices qui pratiquent dans le domaine, ainsi que de jeunes chercheuses qui travaillent avec d’autres langues que l’anglais et le français, afin d’obtenir une vision plus globale.

À titre d’introduction, Michèle Laliberté propose un cours rapide sur la traduction de chansons populaires. Par la suite, deux articles s’attardent à la réception des chansons traduites : Valérie Florentin s’intéresse à la traduction des chansons ou à son absence dans les films et séries télévisées et à l’effet potentiel sur le public de la décision de traduire ou non ces chansons. Charlotte Bosseaux, quant à elle, émet l’hypothèse que le choix des voix des acteurs de doublage n’est pas innocent dans le cas de passages chantés et qu’il a une incidence directe sur la compréhension du message.

Afin d’élargir le propos, Anastasia Llewellyn explique en quoi la traduction de l’hymne national gallois vers d’autres langues celtiques renforce le sentiment d’appartenance à un peuple en situation minoritaire mais uni dans sa lutte pour une meilleure reconnaissance nationale. Pour sa part, Marc Pomerleau s’intéresse aux multiples traductions de l’Estaca, chanson contestataire catalane reprise lors de nombreux soulèvements populaires, dont le « printemps arabe ». Enfin, Dominique Pelletier clôt ce dossier en nous apprenant que l’être humain peut traduire pour la machine à des fins musicales : la traduction n’est alors pas le produit final, mais bien le commencement du processus.

En complément au dossier, la chronique Entretiens présente un article d’Isabelle Veilleux, qui a rencontré Jean-Philippe Thériault, membre d’une troupe de chanteurs amateurs et traducteur bénévole de comédies musicales.


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