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Éthique et déontologie professionnelles

Par Philippe Caignon, terminologue agréé et traducteur agréé

Les professionnelles de la terminologie, de l’interprétation et de la traduction font face à des dilemmes éthiques et déontologiques quotidiens dans l’exercice de leurs fonctions. Pour régler les problèmes que ces dilemmes peuvent entraîner, il faut savoir les percevoir correctement, les évaluer de façon intelligente et leur apporter la solution la plus équitable possible. C’est un cheminement qui n’est pas facile et qui mérite une attention particulière.

Nous vous proposons donc une réflexion sur divers aspects de l’éthique et de la déontologie dans le domaine langagier. Nous visons large : un éventail de points de vue exprimés par des personnes travaillant d’arrache-pied pour notre ordre, exerçant la traduction avec fierté, enseignant nos professions avec enthousiasme ou venant d’obtenir leur diplôme. 

Nous entamons notre chemin par un article de Donald Barabé, président de l’OTTIAQ, qui nous explique, entre autres choses, en quoi notre code de déontologie nous donne le droit de nous qualifier de « professionnelles ». Il nous rappelle également les devoirs que nous avons en commun avec les membres d’autres ordres ainsi que notre double mandat de protection du public. 

Betty Cohen, ex-présidente de l’OTTIAQ, prend le relais en amarrant sa réflexion aux situations qui jalonnent le quotidien des langagières. Ainsi, cette grande dame de la traduction nous présente quelques questions que nous devons nous poser avant d’accepter un mandat. Elle nous entretient aussi du secret professionnel, de la cybersécurité, du conflit d’intérêt et de la rémunération de nos services. Ces questions sont importantes, car comme nous le rappelle Sébastien St-François, ancien syndic de l’OTTIAQ qui détient toujours de nombreuses fonctions au sein de l’Ordre, nos obligations sont codifiées. C’est dans cet esprit qu’il commente quelques articles du code de déontologie en montrant leur application concrète dans l’exercice de nos professions. 

Nous continuons notre parcours en nous dirigeant vers les universités. Tout d’abord, Alexandra Hillinger, professeure adjointe à l’Université Laval, explique ce qu’est l’éthique dans l’enseignement. Elle en examine l’importance dans l’évaluation des travaux et des devoirs scolaires de même que dans le comportement des enseignantes et des étudiantes. Puis, Meaghan Girard, fondatrice du comité de la relève de l’OTTIAQ et chargée de cours à l’Université McGill, démontre qu’il est important d’un point de vue éthique d’apprendre aux étudiantes comment utiliser efficacement les logiciels de traduction automatique. Pour sa part, Debbie Folaron, professeure agrégée à l’Université Concordia, révèle le caractère éthique de la recherche traductologique dans la reconnaissance de la subjectivité en traduction, de la relativité de la « vérité » selon la culture, la tradition et le discours qui la véhiculent ainsi que des motifs sociaux appuyant la création d’algorithmes menant à l’avènement de l’intelligence artificielle. 

Pour clore le dossier, Simon Frappier, récent diplômé du baccalauréat en traduction de l’Université de Montréal, présente la vision étudiante de l’éthique. Apprendre à traduire convenablement est un processus long et ardu. Ainsi, de l’accueil de la critique au plagiat, en passant par la conciliation études-travail, l’auteur nous donne quelques rudiments d’éthique dans l’apprentissage de la traduction. 

En parallèle, la chronique Entretiens dirige les projecteurs sur Diane Cousineau, directrice générale de l’OTTIAQ, qui nous parle de l’éthique et de la déontologie à la permanence de l’OTTIAQ, ainsi que des valeurs qui régissent notre Ordre, et la chronique La esfera hispánica, sous la plume de Maria Ortiz Takacs, pose un regard sur les codes de déontologie de plusieurs associations langagières dans le monde hispanophone.

Nous espérons que ce numéro saura vous informer sur les façons dont l’éthique et la déontologie s’harmonisent entre elles et participent à l’épanouissement professionnel et personnel de tous les membres de l’OTTIAQ.


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