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Développement de carrière en révision professionnelle :
un parcours naturel?

Par Dominique Bohbot, trad. a., réd. a.

La profession de traducteur débouche traditionnellement sur un poste de réviseur. Tous les traducteurs le souhaitent-ils intrinsèquement? Disposent-ils des compétences nécessaires, du recul, des aptitudes interpersonnelles à cet effet, du sens des responsabilités? Sont-ils à l’aise de démontrer un certain leadership afin d’encadrer les équipes de langagiers, et même de les évaluer? Si devenir réviseur semble l’aboutissement naturel du parcours professionnel d’un traducteur, une constatation s’impose : tous ne sont pas désireux de le devenir, et ce, même parmi les praticiens expérimentés. Comment former une relève en révision dans ce contexte?

À certains égards, la révision se conçoit comme une création inversée : si elle prend forme d’élévation, de bonification, de retouche esthétique et d’embellissement, cette plus-value verse aussi dans la correction, la vérification, le contrôle, la normalisation, l’uniformité, voire la réécriture! Sans chavirer vers d’improbables extrêmes, force est de constater que la nature même de la révision octroie à la plume de son intervenant une latitude aussi justifiée qu’appréhendée parfois, par l’auteur de la traduction originale.

Si nombre d’organisations et de cabinets de traduction ont intégré la fonction de réviseur à part entière, leurs processus sont moins éloquents quant au rôle présumé hiérarchique du réviseur. Concrètement, si le réviseur ne semble pas toujours jouer un rôle de cadre dans l’organigramme, c’est bien lui qui exerce l’autorité réelle sur les textes. Dans un nombre infime d’entités, la responsabilité peut revenir au traducteur qui revoit ses textes, accepte (ou pas) les interventions révisionnelles; dans d’autres, l’absence d’intérêt pour la révision parmi les traducteurs expérimentés en poste est palliée par le recours à des réviseurs externes. L’interrévision, également monnaie courante, estompe la relation ordonnancée. Enfin, les entités optant pour l’externalisation de leur contenu à traduire constituent des équipes de réviseurs sur place qui valident les textes cibles impartis – des réviseurs couramment chevronnés, ou de niveaux variables, dans la pratique.

L’exercice du rôle décisionnel n’est pas inné chez le langagier, façonné à transmettre la pensée des autres dans une langue d’arrivée et à composer librement un texte-reflet. Peu ou pas formé à user de leadership, il peut éprouver un certain malaise à intervenir dans les créations de ses collègues, à exercer son influence quant aux choix terminologiques, à évaluer ses pairs, à transmettre ses connaissances dans une optique pédagogique, lorsque, par exemple, il redoute la réaction du traducteur s’il a déjà expérimenté un conflit.

La gestion du potentiel des ressources passe par l’examen des écarts entre les possibilités tangibles et réalisables, comparées aux souhaits intrinsèques des candidats et par l’identification de la relève qui désire emprunter le passage traditionnel et dispose de solides qualités interpersonnelles pour mener harmonieusement ses interventions.

Comment remédier à la situation? Une campagne de recrutement en aval peut s’avérer fructueuse : encourager les traducteurs à côtoyer les réviseurs, les faire réviser tôt sans attendre dix ans d’expérience à temps plein! Former les réviseurs émergents, déceler les talents, faire éclore les compétences communicationnelles et interpersonnelles, voici l’objectif recherché en donnant un premier mandat révisionnel à des traducteurs moins chevronnés, pour leur conférer un canal d’expression, un rôle de parachèvement de textes finis, et surtout, l’occasion de flirter avec la rétroaction et les réactions qu’elle peut susciter.

Les dirigeants de services linguistiques internes et de cabinets sont donc invités à s’investir dans la formation de la relève en préconisant le jumelage de réviseurs expérimentés et de réviseurs en devenir pour insuffler une confiance à ces derniers. Parmi les outils de prédilection, créer un comité de révision au sein même de l’équipe de langagiers et prodiguer des encouragements et un encadrement habilitent ce même sous-groupe à jeter les bases d’une révision mieux structurée, en prenant les devants pour atteindre une productivité optimale, assurer la qualité désirée et en finir avec le chantier permanent en révision, les améliorations à perpétuité et autres réécritures. En privilégiant un leadership davantage collaboratif qu’autoritaire, mais un leadership teinté de respect et de partage des connaissances, les besoins émergents en révision seront plus facilement comblés.

Dominique Bohbot est directrice des services linguistiques du Groupe TMX.

Les Jeux de la traduction 2015

Prenez Hunger Games, transposez l’action dans une université canadienne et remplacez les combats à mort par des joutes de traduction. Voilà, en bref et dans une analogie que comprendront nos plus jeunes lecteurs, le principe des Jeux de la traduction.

Par Géraud Le Carduner

Du 13 au 15 mars dernier, à l’occasion de la 10e édition des Jeux de la traduction, dix universités canadiennes sur les douze proposant un programme de traduction étaient représentées. Composées de six étudiants, d’un professeur accompagnateur et d’un bénévole, les délégations comprenaient également les fameux hasbeen (ou anciens participants). Dixième anniversaire oblige et parce qu’on ne décroche pas si facilement des Jeux, ces derniers comptaient cette année pour près du tiers des présences.

À leur arrivée le vendredi, les délégations ont été accueillies par les commanditaires dans le cadre d’un salon de l’emploi. Ensuite, ils ont pris part à un banquet d’abord protocolaire, puis de plus en plus loufoque. En effet, après les discours et les remerciements, c’était au tour de chaque équipe de monter en scène pour présenter un numéro à saveur traductionnelle afin de se faire connaître.

Les convives ont notamment eu droit à un délirant tribunal gastronomique avec interprétation simultanée (Université de Moncton), à une surprenante réécriture du générique de Game of Thrones (Université Concordia) et aux clichés de la vie de traducteur (Université de Sherbrooke).

Samedi, le plat de résistance, avec la fameuse épreuve individuelle vers le français, qui portait cette année sur un texte de Kurt Vonnegut. Ensuite, François Lavallée (vice-président à la formation et à la qualité chez Edgar) et Réal Paquette (président de l’OTTIAQ) ont présenté un Traduel durant lequel les étudiants ont pu comparer les traductions de ces deux vétérans.

Après un court repas suivirent les épreuves en équipe. Comme d’habitude, les concurrents ont dû faire preuve d’une grande polyvalence : chanson de Cœur de Pirate, extrait de True Detective, planche d’Alan Moore ou jeux de mots de prime abord intraduisibles… Il fallait s’accrocher!

Nouveauté cette année, l’horaire des épreuves n’a été dévoilé qu’à la dernière minute, car – dans le monde de la traduction – on sait rarement de quoi chaque jour sera fait. La troupe a conclu la journée par un jeu-questionnaire et une soirée dansante endiablée.

Dimanche matin, dernier droit avec l’épreuve individuelle vers l’anglais (un extrait des Russkoffs de François Cavanna), suivie d’une conférence sur l’autorévision, présentée par Georges Bastin, professeur à l’Université de Montréal. Puis, déjà, la cérémonie de remise des prix. Cette année, Concordia a tout raflé : prix Gerry Boulet du meilleur esprit d’équipe, meilleure traduction individuelle vers le français, meilleure traduction individuelle vers l’anglais et meilleur score d’équipe! C’était la première fois qu’une seule délégation remportait tous les prix. Les autres universités auront fort à faire l’an prochain!

Géraud Le Carduner a coordonné les Jeux de la traduction 2015.

Un congrès axé sur la technologie

Par Sébastien St-François, trad. a.

La technologie – présente dans toutes les sphères d’activité – progresse à un rythme effréné et des outils que nous ne pouvions pas imaginer hier font aujourd’hui partie de notre quotidien. Comme nous le savons depuis plusieurs années déjà, la technologie transforme profondément le travail des langagiers professionnels – ce qui suscite des craintes chez plus d’un. Et ces craintes ne datent pas d’hier! Lorsqu’on parcourt les archives de Circuit, on constate que la technologie suscite des questions sur l’avenir de nos professions depuis belle lurette.

D’aucuns dénoncent la pression qu’elle exerce sur la rentabilité des langagiers. Or, il faut savoir l’utiliser à son avantage et adapter ses « arguments de vente » en conséquence, sans toutefois perdre de vue ses responsabilités à l’égard de la qualité de l’acte professionnel et de la protection du public. Comment maîtriser la technologie et s’en faire une alliée dans un contexte où les langagiers doivent démontrer la valeur ajoutée de leur travail auprès de leurs clients? Quelles sont les exigences de ces clients portant sur la qualité des actes des langagiers et leur propre positionnement sur le marché?

Le Comité du programme du congrès propose cette année un examen de la technologie mise à la disposition des langagiers, et ce, sous tous ses angles. Le thème sera donc « Langagiers et technologies : une alliance de forces ».

La conférencière d’ouverture sera Lise Millette, journaliste et responsable de la section Argent sur Canoë.ca, présidente de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec depuis février dernier. S’il est un domaine où la technologie bouleverse profondément les conditions de travail, c’est bien celui du journalisme. Mme Millette parlera de la transformation de sa profession et établira des liens avec ce qui se passe dans les nôtres.

Le congrès se tiendra le vendredi 20 novembre au Palais des congrès de Montréal. Les conférencières et conférenciers retenus à la suite d’un appel à communications lancé en janvier dernier dresseront, au moyen de présentations ou de panels de discussion, un portrait théorique et pratique de la situation et démontreront l’alliance qui peut et doit exister entre les langagiers et les technologies qu’ils utilisent. Ils offriront ainsi plusieurs pistes de réflexion aux étudiants, travailleurs autonomes, salariés, employeurs et donneurs d’ouvrage.

Bref, ce sera une journée branchée sur la réalité contemporaine de l’exercice de nos professions.

Sébastien St-François est responsable du Comité du programme du congrès 2015.

What Is White, Black and Red All Over? The Updated Guide to Editing Canadian English by the Editors’ Association of Canada

Barbara McClintock, C. Tr.

guide editing canadian englishTechnological trends indicate that, in the future, computers will prepare pre-translations and the role of translators will be to revise machine output. The odds are pretty good that translators’ work will shift from translation to revision or post-editing of machine translations sooner rather than later. Consequently, this might be a good time to brush up on your editing skills.

A good time to brush up on your editing skills

The Editors’ Association of Canada has launched its third version of the Guide to Editing Canadian English online or ECE3, as the project is called, which is available by subscription. You can purchase the paper version instead, but online subscribers will receive updates. You can also access it with your smartphone or tablet. For a real bargain, you can test drive it at no charge for a trial period.

The website in the colours of the Canadian flag is attractive to look at and user friendly with a good search engine. The content is well-organized and solid—you can find advice such as “pick a style and stick with it”—but the information is more limited than I expected. My hope was that the editors would publish a replacement for the old The Canadian Style, but this is unfortunately not the case because ECE3 is not a grammar book. Nevertheless, ECE3 does quote from The Canadian Style, e.g.,about the use of Montréal and Québec by the federal government in Section 11.6.1 and also makes a good case for writing Montreal and Quebec (the city) without accents.

Pick a style and stick with it

My beef is that no mention is made of Quebec City or even Québec City, which has become widely used to distinguish the city from the province. The province doesn’t take an accent in English because of its pan-Canadian significance. When faced with a number of options, pick a style and stick with it!

The third edition of Editing Canadian English addresses the following topics, among others (gleaned from the EAC website)

  • What are the differences between proofreading, copy editing, stylistic editing, and structural editing, and how do I know which role is required?
  • When is it appropriate to adapt Canadian words that an international audience might stumble over?
  • What are the biases common in Canada and how do I correct for them?
  • How do I settle on a Canadian spelling when even our dictionaries can't agree?
  • What punctuation issues are specific to Canada?
  • How do I reconcile the metric versus imperial mix that characterizes Canadian usage?
  • How do I work with French text in English documents?

It is not specified at what frequency the Editors’ Association of Canada plans to issue updates. However, at only $35.00 a year, it is worth supporting this initiative.

The opinions in this article reflect solely those of the author.


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