Imprimer
Partage :

Une tête… trois casquettes

Par Mélodie Benoit-Lamarre, trad. a.

En fondant un petit cabinet de traduction sous la forme d’une coopérative de travail en 2008, notre équipe croyait simplement s’offrir une équipe et un bureau à l’extérieur de la maison pour briser leur isolement. Or, nous venions plutôt de créer sans le savoir un étrange bateau où nous serions tout à la fois capitaines, timoniers et matelots, et où il nous faudrait apprendre à concilier les désirs parfois contradictoires associés à nos différentes casquettes.

Première casquette : langagier professionnel

Quand on parle de productivité, le premier défi consiste à définir exactement ce qu’on entend par ce mot. Lorsqu’on porte sa casquette de traductrice ou de traducteur agréé, faire preuve de productivité signifie « remettre constamment au client un produit de qualité dans les délais prescrits ». Différents éléments se sont donc mis en place pour y parvenir.

Pour assurer la qualité du travail, nous avons établi très tôt que chaque mandat serait toujours traité par un minimum de deux personnes : un traducteur, qui resterait maître de son œuvre, et un réviseur, dont l’intervention consisterait à améliorer autant que possible le texte par une série de propositions soumises au traducteur. Dans l’esprit coopératif, les rôles sont interchangeables entre tous les membres de l’entreprise, sans égard à l’ancienneté ni au client concerné, si bien que les dyades se font et se défont au rythme des mandats. Cet échange multidirectionnel de points de vue est fructueux pour tous puisque chacun y gagne l’occasion de progresser dans sa pratique,  en révisant comme en étant révisé, tandis que le client obtient pour sa part un texte de qualité optimale.

Pour assurer la constance, nous tirons parti de la petite taille de notre équipe. Bien sûr, des outils d’archivage assurent l’uniformité des travaux remis au fil du temps à un client, mais le fait que tous les membres connaissent tous les clients contribue à resserrer la mémoire collective et à maintenir un niveau de qualité élevé. Il y a toujours quelqu’un qui « se souvient » d’avoir vu passer un texte semblable dernièrement, qui peut confirmer la validité de la traduction retenue lorsque nous hésitons entre deux choix, etc.

Pour le respect des délais, enfin, il a fallu établir une structure efficace. Plus le nombre de mandats et de clients augmentait dans l’entreprise, plus il devenait ardu de suivre les échéances fixées par chacun et de savoir où en était un mandat dans le processus menant à la livraison. Les listes sur papier des premiers jours ont rapidement fait place à un autre système. Plutôt que de se tourner vers un logiciel commercial de gestion des mandats, nous avons choisi de créer un outil sur mesure : un fichier partagé de type Excel consignerait dorénavant tous les renseignements sur chaque mandat, en plus d’indiquer qui travaille à quoi. Ce nouvel outil de suivi des mandats allait nous conduire à une deuxième vision de la productivité...

Deuxième casquette : travailleur salarié

La coopérative de travail étant une personne morale, ses travailleurs y sont salariés. En donnant vie à notre cabinet, nous avons quitté le statut de travailleur autonome pour adopter celui d’employé, ce qui impliquait un salaire horaire fixe identique pour tous. La forme coopérative prévoit aussi un partage des profits parmi les membres en fonction de « l’investissement personnel mis dans l’entreprise », une notion que nous avons tout naturellement rapprochée de l’idée de productivité. Mais qu’est-ce qu’être productif pour le travailleur salarié? Convenons qu’il s’agit « d’obtenir de son emploi le revenu désiré tout en retirant un sentiment de satisfaction du travail accompli ».

Il était facile de retirer de la satisfaction de la qualité des traductions remises aux clients, sans parler du plaisir de travailler en équipe. Toutefois, l’entreprise réunissant des personnes différentes, il était plus complexe d’allier nos besoins financiers à la valeur coopérative d’égalité.
L’outil de suivi des mandats évoqué plus haut se révéla notre piste de solution. Comme cet outil nous indiquait qui travaillait à quoi, il n’y avait qu’un pas à franchir pour calculer le volume de travail accompli par chacun dans l’entreprise au cours d’une période donnée. De là, nous avons décidé que la productivité ne devait pas se fonder sur le nombre de mots traduits ou révisés, mais plutôt sur la valeur respective des mandats, et que la répartition de cette valeur entre le traducteur et le réviseur était équitable lorsqu’elle suivait un ratio de 80/20. Il était désormais possible de vérifier combien chacun rapportait à l’entreprise.

Tout en continuant à nous verser pendant un certain temps un salaire fixe pour tous, nous avons constaté au fil des mois – preuves à l’appui – que chacun n’avait pas la même productivité dans l’entreprise. Ce constat allait nous amener à mettre, enfin, notre dernière casquette...

Troisième casquette : chef d’entreprise

Même petit, notre cabinet nous confronte à la réalité des chefs d’entreprise. Au-delà de nos autres désirs et besoins, nous avons, sous notre troisième casquette, le désir primordial d’assurer la survie et la réussite de notre coopérative. À titre de dirigeants d’entreprise, nous définissons l’idée de productivité comme le fait « d’obtenir un gain maximal de nos activités compte tenu du temps disponible pour les mener à bien ». À cet égard, notre outil de suivi des mandats nous forçait à nous demander si nous en faisions assez et si nous pouvions en faire plus.

Cet outil nous a aussi fait comprendre les limites du salaire fixe : par bon vent, les matelots faisaient bombance; par vent léger, tous avaient accepté de se serrer la ceinture; mais arriva un jour le calme plat, et les capitaines en nous s’aperçurent que, dans l’optimisme des beaux jours, ils avaient oublié de conserver des réserves. Ce moment difficile fut formateur : nous avons alors décidé que, pour garantir l’équilibre délicat entre le bien-être de l’entreprise et celui de ses employés, il nous fallait établir une rémunération variable.

La formule suivante a donc été mise en place : en début d’année, nous établissons ensemble le budget de l’entreprise et le salaire horaire de base offert à tous. À la fin de chaque mois, nous faisons le bilan du revenu que chacun a rapporté à l’entreprise grâce à notre outil de suivi des mandats. À cette étape, chacun doit d’abord couvrir sa part des frais d’entreprise (ramenée à une moyenne des dépenses mensuelles), puis son propre salaire, avantages sociaux compris. Enfin, la portion restante est divisée entre l’entreprise (qui se constitue ainsi une réserve pour couvrir d’éventuels mois déficitaires) et les employés, qui se voient verser cette somme sous la forme de primes salariales mensuelles.

Trois-dans-un

La méthode a jusqu’ici fait ses preuves : les membres peuvent en effet maintenant compter sur une coopérative qui leur assure un portefeuille de clients et une réserve financière, tout en leur procurant un milieu de travail stimulant dans lequel chaque mandat accompli est assorti d’une juste rémunération. En outre, tous développent un intérêt marqué pour la bonne santé financière de leur entreprise qui, en se montrant transparente, motive ses employés à être plus efficaces et à décrocher de nouveaux mandats.
Bref, notre partage équitable du travail et notre principe de rémunération à deux volets (base salariale avec primes à la productivité) ont réconcilié efficacement nos trois rôles.

MBLamarre

Mélodie Benoit-Lamarre, trad. a., est membre de la coopérative de traducteurs Hermès, un cabinet qui offre des services langagiers en anglais et en français.

Google Uses English as a “Pivot Language”

By Barbara McClintock, C. Tr.

Frédéric Kaplan, a professor of digital humanities at the École Polytechnique Fédérale in Lausanne, has coined the expression pivot language. By using English as a pivot or intermediate language to translate word for word, Google Translate’s search engine may influence not only target language translations, but the target languages themselves with English word order and turns of phrases. According to Kaplan, if you use Google to translate from French (A) to Italian (B), for example, the algorithm adds an extra step, passing through English first. Thus, in this case, Google translates from French (A) to English and then from English (pivot) to Italian (B). Frédéric Kaplan is interested in the linguistic consequences of using Google algorithms. He says that idioms cause particular problems because they are linguistic inventions (very different from one language to another). This leads Google Translate to provide nonsensical translations that are perpetuated by transfer to the Internet, e.g., Il pleut des cordes is first translated into English (It’s raining cats and dogs) and then translated literally into Italian as piove canni e gatti. This is another reason why it is risky for non-professionals to use Google Translate.

Source:
http://www.franceinfo.fr/emission/france-info-numerique/2014-2015/comment-les-erreurs-de-google-translate-creent-des-innovations-linguistiques-18-11-2014

La voie électronique vers la valeur saussuréenne des termes des domaines de l’économie

Par Éric Poirier, trad. a.

Dancette, Jeanne (2011). Le DAMT : un dictionnaire électronique trilingue sur la mondialisation, l’économie et le travail, en ligne <http://zedamt.herokuapp.com/>, page consultée le 11 janvier 2015.

Nous avons déjà eu l’occasion dans ces pages d’exprimer tout le bien que nous pensons du Dictionnaire analytique de la distribution de Jeanne Dancette et Christophe Réthoré (Circuit no 71, 2001) et l’intérêt qu’il présente pour la lexicographie bilingue et la traduction. Comme suite à cet ouvrage, et dans le prolongement de ce travail, Jeanne Dancette vient de publier, exclusivement en ligne, le Dictionnaire analytique de la mondialisation et du travail ou le DAMT, un projet qu’elle a entrepris dès 2004. Ce nouvel ouvrage est ambitieux puisqu’il porte sur plusieurs domaines d’application qui débordent des cadres disciplinaires traditionnels et qui comprennent en réalité huit domaines distincts : économie, mondialisation équitable, régulation du travail, organisation de la production, syndicalisme, entreprise multinationale, secteur, travailleur. Tout le contenu (les champs définition, description, relations sémantiques) de l’ouvrage a été confectionné dans trois des quatre langues officielles de l’Amérique, à savoir l’anglais, le français et l’espagnol. Il découle d’une collaboration étroite de l’auteure avec des lexicographes, des spécialistes du domaine, notamment du CRIMT (Centre de recherche interuniversitaire sur la mondialisation et le travail), des collaborateurs rédactionnels et techniques et des étudiants de l’Université de Montréal et de la Pontificia Universidad Católica du Chili.

Le fil conducteur

Entièrement électronique, le DAMT est un dictionnaire spécialisé multilingue dont les articles se présentent à l’écran comme une fiche terminologique unilingue pour chaque notion et pour chaque langue. Tous les termes synonymes, équivalents et relationnels (un travail colossal ici et le meilleur atout dictionnairique de cet ouvrage) constituent des liens hypertextes que l’on peut consulter en ligne. Ces termes « hypertextuels » renvoient à d’autres fiches dans l’une ou l’autre des trois langues, ce qui donne à l’ouvrage une portée trilingue grâce à une navigation transparente qui permet de passer d’une langue à l’autre. Les fiches sont des mini-articles encyclopédiques rédigés (et non pas traduits) dans les trois langues. Les liens hypertextuels des vedettes, synonymes, équivalents et relations sémantiques permettent la navigation à vue dans le dictionnaire pour passer d’une fiche à une autre dans une autre langue ou pour explorer une relation sémantique particulière dans une même langue. Le tableau présenté ci-dessous illustre deux articles confectionnés en français et en espagnol.

cout opportunite costo oportunidad

Remarque de programmation en passant : puisque nous sommes en mode électronique, il n’est pas inutile de signaler une erreur de navigation. Le retour à l’index après consultation d’une fiche à l’aide de la fonction Revenir en arrière du navigateur ne fonctionne pas (avec Google Chrome à tout le moins); on arrive toujours à une page d’erreur. Après avoir créé l’index du domaine de l’économie et ouvert une de ses fiches, il n’est plus possible de revenir à l’index déjà créé. Il faut tout simplement créer à nouveau le même index. Ce petit problème de navigation devrait pouvoir être corrigé assez facilement.

Les électrons libres

Fidèle à l’orientation encyclopédique des coauteurs du dictionnaire analytique précédent, le DAMT recense les principales notions appartenant aux huit domaines. Chaque domaine compte entre huit (le secteur d’activité) et 31 (l’économie) fiches pleines et un nombre environ dix fois plus élevé de fiches moins étoffées qui fournissent tout de même l’information essentielle (comme le domaine, les équivalents, une définition et des relations sémantiques, et minimalement un renvoi à la fiche de l’expression au long dans le cas des acronymes) et qui intègrent même dans certains cas des documents externes (fiche Appel de Bamako par exemple, dans le domaine de l’économie). Comme il se doit en terminologie, la plupart des définitions sont accompagnées de leur source.

Pour en revenir aux huit domaines, il ne fait pas de doute que leur choix a été mûrement réfléchi, et on aurait souhaité en savoir plus sur cette réflexion dans la présentation ou ailleurs puisque la recherche par domaine (fonctionnalité de plus en plus accessible dans les banques de terminologie, notamment dans le GDT, mais toujours absente de TermiumPlus, sauf pour le filtrage des résultats de recherche) n’est possible que dans tous les domaines, ou dans un seul domaine à la fois. On peut ainsi se demander si d’autres domaines seraient envisageables, quels sont les choix qui ont présidé à la sélection de ces domaines et surtout quels sont les critères d’appartenance d’un terme à un domaine particulier (au-delà des évidences). Ces renseignements seraient bien utiles à la consultation, d’autant plus que la décision éditoriale semble avoir été prise de ne traiter les termes que dans un seul domaine, à l’exclusion des autres. Par exemple, télétravail est traité dans le domaine Secteur d’activité (et en toute logique pas dans régulation du travail), mais n’est pas décrit dans le domaine Travailleur (ce qui n’est pas nécessairement le cas de termes plus spécialisés).

Malgré l’absence de renseignements à ce sujet (qui n’empêche pas du reste la consultation ponctuelle du dictionnaire), une des qualités de l’ouvrage est la possibilité pour l’utilisateur de dresser une liste de toutes les fiches d’un domaine, ce qui permet, par exemple, à un traducteur de peaufiner à l’avance les connaissances dont il aura vraisemblablement besoin pour traduire dans un domaine qu’il peut explorer exhaustivement. Bien entendu, toute nomenclature de dictionnaire est imparfaite, et le DAMT ne fait pas exception, d’autant plus qu’il s’agit d’un ouvrage caractérisé davantage par sa méthodologie novatrice que par l’étendue de sa nomenclature, qui est quand même importante. On peut déplorer certaines absences, comme celle des termes demande et offre en économie. Il est vrai que leurs particularismes sont moins sémantiques et davantage syntagmatiques. Autre petite lacune : on ne trouve aucune trace de l’expression coût de renonciation, pourtant très correcte, à l’entrée coût d’opportunité qui est le calque de l’anglais. Même si dans l’usage spécialisé en français le calque semble avoir pris le pas sur la forme correcte, celle-ci mériterait tout de même une mention, de notre point de vue très biaisé de traducteur qui, ayant acquis une connaissance fine des usages, a bien du mal à résister à la tentation de prendre le parti du génie idiosyncratique de sa langue cible.

Points forts

L’ouvrage constitue un thésaurus qui propose ni plus ni moins qu’un vaste réseau de relations sémantiques étiquetées, inspiré de l’école de la lexicologie explicative et combinatoire d’Igor Mel’cuk qui a inspiré la création d’autres ouvrages de grande qualité, accessibles en ligne, que les traducteurs auraient tort de ne pas consulter (comme le DicoInfo, sous la direction de Marie-Claude L’Homme, ouvrage trilingue spécialisé en informatique ou, de la même auteure, le DicoEnviro, quadrilingue, spécialisé en environnement). Profitons de l’occasion pour mentionner le site du groupe de recherche de cette école près de chez nous où on trouvera ces ouvrages et de nombreuses autres ressources.

Pour en revenir au DAMT, le réseau de description fine des acceptions et des relations sémantiques que l’on y trouve n’est pas sans rappeler la sémantique de Saussure et la valeur in abstentia des mots. À l’instar d’une banque de données terminologiques, les relations sémantiques décrites pour chaque notion se veulent exhaustives et comprennent 19 types de relations différentes énumérées dans le tableau ci-après.

liste relations semantiques

Même si les relations syntagmatiques utilisées dans l’ouvrage restent minimales, rien n’empêcherait de poursuivre le travail et d’ajouter ici, lorsque nécessaire, d’autres relations comme les cooccurrents usuels et les tours phraséologiques, ce qui bonifierait aussi l’utilité de l’ouvrage en traduction et en rédaction.

En conclusion, cet ouvrage mérite de figurer en bonne place dans les signets des traducteurs généralistes et spécialistes de la traduction économique et commerciale de même qu’en traduction juridique. L’enseignant en traduction économique, commerciale et financière ainsi que ses étudiants y trouveront aussi leur compte. Un peu plus de 100 ans après Saussure, voilà un ouvrage qui exploite bien concrètement la valeur sémantique des termes dans un contexte trilingue.

Éric Poirier est professeur de traduction économique et financière à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Innovative Modern Language Degree at the Université de Montréal

By Barbara McClintock, C. Tr.

The Université de Montréal has launched a new modern languages bachelor’s degree called the baccalauréat par cumul avec appellation (BACCAP) en langues modernes, which is innovative in several ways. Under this program, students can earn a bachelor’s degree by combining certificates or majors and minors in modern languages.

The requirements for obtaining a BACCAP will be to:1

  • Select two or more programs from among a list of majors (60 credits) and minors (30 credits) or certificates.
  • Complete a minimum of 12 credits in language courses in each of the programs selected. Students may be exempted on the basis of previous knowledge, which will be assessed by written classification tests required at the time of registration.
  • Receive a passing grade in the LLM 1000 Espaces linguistiques course.

Moreover, the Université de Montréal is among the first universities in North America to have adopted the Common European Framework of Reference for Languages, which defines levels of language proficiency in order to measure learners’ progress, and which also promotes international co-operation in the modern languages field.

According to Èric Viladrich i Castellanas: [translation] “The program will allow students to reach language proficiency levels corresponding to an independent user (B1/B2) or a proficient user (C1) in two or three foreign languages and to learn about the related cultures – a significant asset in the career of anyone in this age of globalization and intercultural exchanges."

BA programs in modern languages that include at least two non-official languages are quite rare in Quebec. The objective of the BACCAP in modern languages is to allow students to acquire a solid grounding in at least two foreign languages, as well as in the culture and history of the countries and regions where they are spoken. Bursaries will be available for language immersion training. The following languages are currently offered by the BACCAP: Arabic, Catalan, German, Italian, Modern Greek, Portuguese and Spanish.

1 Subject to change.

Thanks to Èric Viladrich i Castellanas, Director of Catalan Studies in the Department of Literature and Modern Languages at the Université de Montréal, for his assistance with this article.

eric viladrich i castellanas« Le programme permet d’accéder aux niveaux de compétences langagières correspondant à un utilisateur indépendant (B1/B2) ou expérimenté (C1) dans deux ou trois langues étrangères et d'acquérir la connaissance des cultures qui s’y rattachent, ce qui constitue un atout décisif dans la carrière professionnelle de tout individu dans notre ère de mondialisation et d'échanges interculturels. »
Èric Viladrich i Castellanas
 

Want to Apply for a Job or Bid on a Contract in French?
Consult Le Français au bureau

By Barbara McClintock, C. Tr.

Noëlle Guilloton, Hélène Cajolet-Laganière (with Martine Germain), Le Français au bureau, 2014, Office québécois de la langue française, 985 pp, ISBN 978-2-551-25242-8. Pdf version available and website with downloadable letter templates.

Le Français au bureau—a 40-year old publishing franchise—is a treasure trove of information for anyone who needs to write in French, including Anglo translators in Quebec. The 7th edition is a revised and improved version of the book originally published by Hélène Cajolet-Laganière in 1977. The first books covered some of the same ground as their competition, Le Français, langue des affaires, by two former University of Montreal professors, Paul Horguelin and André Clas (third edition McGraw-Hill, 1991).

The 985-page Le Français au bureau, revised and expanded by Martine Germain and Noëlle Guilloton in 2014, contains guidelines on almost every type of document you may have to write in French in a business setting, from how to write an email, a job application, reference letter or collection letter, to new recommendations about the French language and much more. It is a well-organized encyclopedia of information, with coloured index tabs and a plethora of lists.

There is a list of names of cities and other geographic names in which I discovered that the name of the town where I grew up, inspired by Abbé d’Urfé, and previously written Baie d’Urfé (No capital D and no hyphen), is now Baie-D’Urfé. Geographical names tend to change frequently and need to be checked. You can find other handy information in the typography section about, for example:

  • Stars and planets, p. 211
  • Buildings, monuments and public places, p. 212
  • Animal and plant species, p. 226
  • Numbers, p. 383

I find the section Mots et expressions à connaître (p. 171 to p. 197) particularly useful. It lists expressions that should be avoided and what to use instead. Some of the recommendations were new to me. However, they reflect the OQLF’s recommendations on its website and are important to know. You will find a sampling below.

To avoid Preferable
bienvenue de rien
bon matin bonjour
Boxing Day Après-Noël
lendemain de Noël
soldes de l'Après-Noël
carte d'affaires carte professionnelle
ci-bas ci-dessous; ci-après
combler un poste pourvoir (à) un poste
construction (signalisation routière) travaux
cueillette de données, de fonds collecte de données, de fonds
faire affaires(s) au Québec être établi au Québec
l'assemblée est levée la séance est levée
le Black Friday le Vendredi fou
le Mégasolde d'avant Noël
lettre de référence lettre de recommandation
sans préjudice sous toutes réserves; sous réserve de tous droits
termes et conditions condition générales de vente
vente de garage vente-débarras
version finale version définitive

There is an emphasis on spelling and grammatical difficulties in this book. Some new additions include: sample letters and salutations; colour adjectives; country names; explanations about assurer / s’assurer; and compris / inclus / incluant; automobile brands (une Honda Civic, une Camaro); and definitions of generic and specific terms (in the toponymy section), e.g., rivière des Outaouais. The generic element is rivière and the specific element is Outaouais.

The feminine version of titles may come in handy, e.g., agente culturelle is the feminine form of agent culturel and contrôleuse aérienne is the feminine form of contrôleur aérien. Some of the abbreviations appear foreign to me, e.g., vte with a superscript for vente and Civil Code is abbreviated by C.civ. on p. 352, whereas Quebecers write CCQ for the Civil Code of Québec / Code Civil du Québec. Also, I couldn’t find the abbreviation M for million, only G for billion, on p. 358. Unfortunately, on p. 401, in the numbers section, the recommendation is to write telephone numbers without an initial hyphen (514 873-6565), which differs from the recommendation of federal terminologists for writing phone numbers in both French and English (514-873-6565). Federal-provincial terminology harmonization would be helpful. Despite these minor complaints, it is a wonderful reference book for all Quebecers in the 21st century.

 

 

 

 


Partage :