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Édito

Exercer la traduction, l’interprétation et la terminologie pour sauver les langues autochtones de l’extinction

Par Philippe Caignon, terminologue agréé et traducteur agréé

Après avoir été utilisées pendant des siècles pour subordonner les peuples autochtones nord-américains à l’autorité politique d’origine européenne dans le cadre de négociations territoriales volontairement opaques, la traduction et l’interprétation peuvent aujourd’hui servir à préserver les langues autochtones.

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Easyling


Commençons par une mise en situation : on vous demande de réaliser la localisation d’un site Web. Comme ce genre de travail correspond à votre champ de compétence, vous acceptez. Que recevez-vous alors ? Une simple adresse… Qu’à cela ne tienne. Vous vous dites que plusieurs outils « d’aspiration » du contenu de sites Web sont offerts sur le marché. Toutefois, tous ne sont pas égaux. C’est pourquoi je suis toujours à l’affût des nouveautés. C’est ce qui m’a amené à examiner un nouveau produit qui a vu le jour en Hongrie ces dernières années : Easyling.

Easyling est un service en ligne offert en contrepartie d’un abonnement mensuel. Cette formule apporte une grande latitude à l’utilisateur, car il n’a pas à installer l’application. L’intervention des spécialistes en informatique n’est plus nécessaire, sauf peut-être pour nous donner accès au site pour y téléverser la traduction terminée.

Explication du fonctionnement

Tout d’abord, l’utilisateur crée le projet dans l’application. Il sélectionne ensuite quelques options, entre autres pour limiter la portée de la recherche des pages d’un site. En effet, on peut très bien imaginer qu’un client veuille faire traduire son site, mais pas le blogue qu’il contient. Ces options deviennent alors indispensables. L’application répertorie ensuite le contenu du site. Cette opération peut prendre un certain temps. L’utilisateur reçoit un message par courriel dès que la tâche est terminée.

Le contenu à traduire ayant été isolé, il est alors possible d’effectuer un compte de mots qui considérera les répétitions. Ayant déjà effectué la localisation de plusieurs sites Web, je peux dire que le contenu est assez répétitif en général. Quelquefois, il peut y avoir jusqu’à 60 % de répétitions. C’est aussi le moment idéal pour passer en revue les éléments graphiques du site. Souvent, du texte s’y trouve, ce qui signifie que ces éléments devront être refaits dans la langue cible.

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Fichier XLIFF

Vous pouvez traduire directement le site Web dans l’application Easyling ou utiliser votre outil d’aide à la traduction habituel. Dans ce cas, Easyling crée un fichier XLIFF qu’il est alors facile d’importer dans votre outil (memoQ, Trados, DVX, etc.). Si le contenu du site est répétitif, seules les premières occurrences de chacune des phrases répétées figureront dans le fichier créé. Ces répétitions s’expliquent par l’utilisation de pages modèles qui contiennent toutes le même texte et les mêmes métadonnées.

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Une fois la traduction terminée dans l’outil d’aide à la traduction, il ne reste plus qu’à la réimporter dans Easyling. Il convient alors de consulter les pages traduites pour vérifier la présentation. À tout moment, on peut cliquer sur un élément de texte et y apporter les modifications nécessaires. Pour les besoins de la présentation, j’ai effectué une pseudotraduction de notre site Web, ce qui explique les caractères bizarres qui s’affichent dans la prochaine capture d’écran.

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Fonctions avancées

Des fonctions plus poussées de l’application permettent de modifier le codage CSS des pages, par exemple si la traduction doit être faite dans une langue se lisant de droite à gauche ou s’il faut programmer des scripts JavaScript afin de tenir compte des particularités de la langue cible.

Par la suite, il ne reste plus qu’à publier le site traduit. Cette opération s’effectue en sélectionnant quelques options. Toutefois, il n’est pas possible de générer directement des pages HTML. On ne peut donc pas les « sortir » du système à moins d’utiliser l’utilitaire de mise en ligne offert avec
le produit.

Je tiens à mentionner une fonction que j’estime digne d’intérêt : l’application comporte un module de surveillance programmable qui repère toute mise à jour apportée au texte source. L’utilisateur est alors averti de ces mises à jour par courriel.

Pour plus de renseignements sur ce produit, je vous invite à consulter le site Web du concepteur. Vous pouvez également visionner une démonstration ici (en anglais).

Dossier

Langues autochtones et professions langagières
Philippe Caignon, terminologue agréé et traducteur agréé

Les travaux de la Commission de vérité et réconciliation du Canada ainsi que les témoignages des familles au cours de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées ont mis en avant les nombreux problèmes personnels, familiaux et sociaux que vivent les membres des communautés autochtones du Canada.

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La traduction à l'ère de la décolonisation
Par Karina Chagnon

La traduction au Canada est le plus souvent conçue et enseignée comme un transfert entre deux « solitudes » culturelles et linguistiques, l’anglaise et la française. Or, la société allochtone prend de plus en plus conscience des mouvements politiques et des pratiques culturelles autochtones.

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Translation as a way to save Indigenous languages
By Marguerite Mackenzie and Julie Brittain

Most Indigenous languages in Canada are in various stages of endangerment, while many others are no longer spoken, so one might wonder why translation is even needed when Indigenous people increasingly speak English or French. But it is the very fact of having arrived at this situation that makes the need for translation, both into and out of the majority languages, all the more urgent.

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Translation of Haida Narratives into English
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Haida Gwaii, an archipelago on the Northwest coast of British Columbia, has been inhabited for as long as 13,000 years. It was named the Queen Charlotte Islands by British Captain George Dixon in 1787.

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Oser écrire et traduire « ce qui ne se dit pas » : la queerisation comme outil de décolonisation en contexte franco-canadien
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Lorsque vient le moment de traduire des textes autochtones abordant des réalités qui échappent au binarisme homme-femme imposé par les colonialismes canadiens et québécois, on prend rapidement conscience que la décolonisation littéraire et politique devra passer par la queerisation de notre langue.

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Meet Akwiratékha’ Martin, translator in Kanien’kéha. Ó:nen’k tsi akwé:kon tenkawennanetáhkwenke’.
An interview by René Lemieux

Akwiratékha’ Martin is Kanien’kehá:ka from Kahnawà:ke who taught at the Kanien’kehá:ka Onkwawén:na Raotitióhkwa Language and Cultural Center from 2002-2016. He is now teaching Kanien’kéha at Kahnawà:ke Survival for grades 7-11.

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