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Édito

Exercer la traduction, l’interprétation et la terminologie pour sauver les langues autochtones de l’extinction

Par Philippe Caignon, terminologue agréé et traducteur agréé

Après avoir été utilisées pendant des siècles pour subordonner les peuples autochtones nord-américains à l’autorité politique d’origine européenne dans le cadre de négociations territoriales volontairement opaques, la traduction et l’interprétation peuvent aujourd’hui servir à préserver les langues autochtones.

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30 ans…

En 1983, le premier comité de rédaction de Circuit – Pierre Marchand, Johanne Dufour, Josée Ouellet Simard, Nada Kerpan, Paul Horguelin, Robert Dubuc – s’embarquait dans une belle aventure. Mais savait-il à quel point les articles de ce premier numéro étaient prémonitoires ou, à tout le moins, qu’ils allaient rester d’actualité 30 ans plus tard?

Au sujet des premières incursions de l’ordinateur dans le domaine langagier, Circuit posait la question : « la machine aliène-t-elle? » ou encore « la machine est-elle un facteur de déshumanisation? ». Autre question encore d’actualité : « Le service de traduction dans l’entreprise : une dépense nécessaire? ». Enfin, le président français Valéry Giscard d’Estaing s’alarmait déjà de la prolifération des termes anglais dans la langue française et insistait sur la nécessité de protéger, moderniser et promouvoir le français. Sounds familiar?

C’est ce qui ressort de l’exercice auquel s’est livré le comité de rédaction de Circuit à l’occasion de ce 30e anniversaire. L’idée consistait à remonter dans le temps et à suivre l’évolution de notre profession à travers les divers dossiers qui ont jalonné l’existence de notre magazine sur les 30 dernières – nous avons envie de dire 30 petites dernières – années. Nous voulions également, avant de passer définitivement à l’ère numérique, faire, en quelque sorte, le point, et rendre hommage à nos prédécesseurs.

Nous nous sommes donc mis au travail et avons passé en revue tous les numéros de Circuit, du numéro 1 au numéro 119, pour dégager les thèmes récurrents. Sans surprise, le marché, les conditions de travail et la formation ont été au centre des préoccupations, avec les progrès technologiques et la sacrosainte reconnaissance professionnelle. Et on constate, en parcourant ces articles, combien notre profession a été malmenée par trois récessions et les compressions de personnel et de coûts qui s’en sont suivies, par des progrès techniques fulgurants qui l’ont menacée et la menacent toujours, et par une méconnaissance du public qui ouvre régulièrement la porte aux charlatans.

Et pourtant elle tourne. Car à chaque menace il y a eu résilience, à chaque problème il y a eu solution ou piste de solution, à chaque changement il y a eu adaptation. Notre profession a su évoluer avec son temps et faire face au changement avec une souplesse inégalée, protégée qu’elle était et qu’elle est toujours par une croissance exponentielle de la demande. Nos recensions en font foi et, si la situation actuelle n’est pas facile, ce que nous apprenons des 30 années passées redonne confiance en l’avenir. Mais les mots clés seront adaptation, affirmation et innovation.

Circuit a abordé bien d’autres sujets pendant tout ce temps, notamment le marché de la traduction vers l’anglais, que Barbara McClintock a exploré. Et bien sûr la terminologie, l’interprétation, la traduction littéraire, la traduction multilingue, autant de sujets que nous aurions aimé évoquer ici. Mais il a fallu faire des choix. La bonne nouvelle est que notre nouveau site comprend une page d’archives qui permet d’accéder à tous les anciens numéros et de retrouver, en un clic, un trésor de connaissances.

Le comité de rédaction.

Dossier

Langues autochtones et professions langagières
Philippe Caignon, terminologue agréé et traducteur agréé

Les travaux de la Commission de vérité et réconciliation du Canada ainsi que les témoignages des familles au cours de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées ont mis en avant les nombreux problèmes personnels, familiaux et sociaux que vivent les membres des communautés autochtones du Canada.

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La traduction à l'ère de la décolonisation
Par Karina Chagnon

La traduction au Canada est le plus souvent conçue et enseignée comme un transfert entre deux « solitudes » culturelles et linguistiques, l’anglaise et la française. Or, la société allochtone prend de plus en plus conscience des mouvements politiques et des pratiques culturelles autochtones.

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Translation as a way to save Indigenous languages
By Marguerite Mackenzie and Julie Brittain

Most Indigenous languages in Canada are in various stages of endangerment, while many others are no longer spoken, so one might wonder why translation is even needed when Indigenous people increasingly speak English or French. But it is the very fact of having arrived at this situation that makes the need for translation, both into and out of the majority languages, all the more urgent.

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Translation of Haida Narratives into English
By Tiffany Templeton

Haida Gwaii, an archipelago on the Northwest coast of British Columbia, has been inhabited for as long as 13,000 years. It was named the Queen Charlotte Islands by British Captain George Dixon in 1787.

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Oser écrire et traduire « ce qui ne se dit pas » : la queerisation comme outil de décolonisation en contexte franco-canadien
Par Kathryn Henderson

Lorsque vient le moment de traduire des textes autochtones abordant des réalités qui échappent au binarisme homme-femme imposé par les colonialismes canadiens et québécois, on prend rapidement conscience que la décolonisation littéraire et politique devra passer par la queerisation de notre langue.

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Meet Akwiratékha’ Martin, translator in Kanien’kéha. Ó:nen’k tsi akwé:kon tenkawennanetáhkwenke’.
An interview by René Lemieux

Akwiratékha’ Martin is Kanien’kehá:ka from Kahnawà:ke who taught at the Kanien’kehá:ka Onkwawén:na Raotitióhkwa Language and Cultural Center from 2002-2016. He is now teaching Kanien’kéha at Kahnawà:ke Survival for grades 7-11.

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