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La terminologie sous toutes ses facettes

La terminologie est présente dans tous les domaines de la connaissance, de l’aérospatiale à la comptabilité, en passant par la médecine et les sports. Elle s’exprime dans toutes les langues. Au Canada, elle le fait notamment en français, en anglais et dans plusieurs langues autochtones.

Par Nycole Bélanger, terminologue agréée, traductrice agréée

Mais où sont-ils, où sont-elles, ces terminologues? Bien sûr, l’Office québécois de la langue française (OQLF) – dont Johanne Maltais présente les plus récentes réflexions – et le Bureau de la traduction (BT) du gouvernement du Canada, chefs de file à l’échelle mondiale, en comptent un assez grand nombre : l’OQLF, une vingtaine; le BT, une trentaine. D’autres organisations publiques, comme la Banque du Canada et le gouvernement de l’Ontario, emploient des terminologues, mais on en compte aussi dans certaines grandes entreprises et dans quelques cabinets de traduction. Hélène Michon a rencontré le propriétaire de l’un d’entre eux.

En fait, tous les services langagiers qui ont à cœur la qualité et la productivité en matière de communications gèrent de la terminologie. Le praticien de cette discipline, en plus de traiter de questions purement linguistiques, est appelé à se prononcer sur des questions de féminisation, d’appellations d’emploi ou de rectifications de l’orthographe, par exemple, ou encore à prodiguer des conseils linguistiques de toute nature.

Terminologie sur mesure

Selon les besoins, il se pratique différentes formes de terminologie. Ainsi, la terminologie thématique, soit l’établissement de nomenclatures sur des sujets spécialisés, est surtout le fait d’organismes gouvernementaux, mais il existe des exemples de ce type de travail au privé. Vincent Roy raconte le grand chantier terminologique qu’a mené un cabinet de traduction montréalais en collaboration avec une entreprise ottavienne spécialisée dans les outils d’ébénisterie, de jardinage et de quincaillerie.

Quant à la terminologie ponctuelle, elle répond principalement aux besoins des traducteurs ou d’autres employés d’une entreprise qui ont notamment pour tâche de communiquer de l’information claire. Le travail des terminologues s’apparente alors à celui des urgentologues. Les traducteurs les consultent souvent en dernier ressort et les besoins communicationnels des autres employés sont d’habitude pressants. Le travail des terminologues est précieux dans de tels cas.

Certaines organisations affectent quelques-uns de leurs terminologues à des travaux de normalisation. C’est le cas de CPA Canada (Comptables professionnels agréés du Canada), où ces langagiers créent notamment des fiches terminologiques qui enrichissent le Dictionnaire de la comptabilité et de la gestion financière, modèle imposant de normalisation à l’échelle internationale.

Il y a aussi ce qu’on pourrait appeler la terminologie générale. À Radio-Canada, par exemple, on travaille au fil de l’actualité : la terminologie grand public y a donc une place de choix. On y produit notamment, à l’usage des journalistes, un bulletin hebdomadaire de conseils linguistiques qui porte sur les sujets de pointe.

Technologie

Comme tous les langagiers, les terminologues font aujourd’hui appel à la technologie pour mener leurs tâches à bien. Ils se servent de concordanciers pour effectuer des recherches, de banques de terminologie pour en diffuser le résultat, et de terminométrie pour évaluer l’usage ou l’implantation d’un terme. La terminologie computationnelle, que présente ici Daphnée Azoulay, est là pour rester.

Le recours aux outils de traduction assistée par ordinateur fait également partie du quotidien des terminologues. Tous s’entendent pour dire que ces outils accélèrent grandement la recherche, mais il est entendu qu’ils ne remplacent pas le jugement du terminologue dans la gestion des bases de données, et ne peuvent aucunement exercer la fonction de normalisation.

Valeur économique

La terminologie est un levier puissant dans l’exercice de la communication. Comment dès lors en établir la valeur? Dans les grands cabinets de traduction, productivité, efficience et efficacité sont au nombre des éléments qui sous-tendent la rentabilité. Qu’en serait-il de ces facteurs sans les banques de terminologie et les bases de données terminologiques? Sans les multiples bases de données gérées par les terminologues? Si plusieurs cabinets de traduction consacrent une partie de leur budget à la terminologie, c’est certainement parce que celle-ci revêt pour eux une valeur économique. Il serait intéressant de trouver un moyen de mesurer cette valeur.

L’avenir, la relève

Depuis vingt ans, les liens entre terminologues s’effritent. L’isolement est de plus en plus grand, les conditions de travail changent, le rythme de vie s’accélère. L’ère des rencontres pour parler du boulot est révolue. Pourtant, il n’y a rien de tel pour créer des liens professionnels. Il serait peut-être temps de remettre la formule au goût du jour et même de l’élargir pour y inclure des experts dans les domaines que touchent ou qui touchent les terminologues, comme le traitement automatique des langues, les sciences de l’information et l’intelligence artificielle.

On commence à comprendre que la formation des langagiers, dont Carlos del Burgo décrit la forme actuelle, devra très bientôt inclure le concept de réseautage. Jean Quirion, de l’Université d’Ottawa, ainsi que quelques-uns de ses étudiants, reviennent sur une expérience qui va dans ce sens. C’est un début. Le regard que pose Elisabeth Marshman, également de l’Université d’Ottawa, sur ce que la terminologie sera demain, postule toutefois que la formation universitaire dans son ensemble emboîte le pas. C’est ainsi que la discipline, comme la profession, occupera toute la place qui lui revient et brillera de tous ses feux.

Nycole BelangerNycole Bélanger est membre d’honneur de l’OTTIAQ ainsi que de l’ACGL (Association des conseils en gestion linguistique). Elle est responsable du Comité de terminologues agréés de l’Ordre et coprésidente du Comité mixte sur la terminologie au Canada (CMTC).

 

Le terminocyclisme, vous connaissez? 

Imaginez une salle de classe sans exposé magistral, où meuglent les vaches, où brille le soleil. Une salle où les étudiants réfléchissent longuement et échangent spontanément leurs idées sur la matière enseignée. Imaginez de multiples rencontres en entreprise entre des étudiants motivés et des langagiers généreux. Bienvenue dans le monde de Termino à vélo!

Par Jean Quirion, terminologue agréé, Joanie Brault, Nancy Fullerton, André LaFrance et Kira Sabrina

Termino à vélo, cours offert à l’Université d’Ottawa, permet aux étudiants d’apprendre ce qu’est la terminologie en milieu de travail tout en parcourant le Québec à vélo. Inspiré par une idée semblable mise en place à HEC Montréal, le professeur Jean Quirion a invité les étudiants de traduction, qu’ils soient francophones ou anglophones, à s’inscrire au cours, étant entendu que l’investissement requis allait au-delà des simples droits de scolarité. C’est ainsi que onze étudiants ont visité trois cabinets de traduction (TRSB, Mégalexis et Lemieux Bédard), deux pigistes (Dominique Robidoux, de Point-Virgule, et France Parenteau), deux services linguistiques en entreprise (Groupe TMX et Deloitte), de même que les bureaux du dictionnaire Usito et de l’Office québécois de la langue française. Ce périple leur aura donné une vue d’ensemble de l’état de la terminologie dans une variété de domaines.

Comment ça fonctionne?

Termino à vélo a officiellement débuté en juillet 2016, avec des modules obligatoires de lecture sur les notions de terminologie. Et bien qu’aucun programme d’entraînement physique n’ait été imposé aux étudiants, la plupart ont roulé plus qu’à l’accoutumée pour se préparer aux longues randonnées à venir. Au matin du 22 août, le professeur et les étudiants se sont rencontrés pour faire connaissance et discuter des sujets à l’étude. En après-midi, un guide de Vélo Québec a rejoint le groupe pour revoir les consignes de sécurité et procéder à une randonnée préliminaire, question de faire rouler ensemble les participants et de vérifier l’état de leurs vélos. Le grand jour enfin arrivé, et les bagages et vélos chargés dans la fourgonnette de Vélo Québec, le groupe s’est dirigé vers Montréal en autobus. Après quelques visites dans la métropole, le peloton a entamé son voyage et alterné visites et cyclisme, pour parcourir près de 500 km en deux semaines et finalement atteindre Québec.

Une démarche pédagogique

L’intention était de mettre les étudiants en contact avec le monde professionnel de la terminologie. Si les objectifs de la démarche demeuraient les mêmes que ceux du cours traditionnel, eux-mêmes étant largement calqués sur la grille de compétences du terminologue agréé de l’OTTIAQ, l’évaluation en a été adaptée. Des discussions fréquentes entre les terminocyclistes et leur professeur ont permis de faire le point et d’organiser l’information obtenue au fil des rencontres.

La formule, qui présentait d’importants avantages pédagogiques, ne permettait toutefois pas aux étudiants de manipuler les outils terminotiques. Ils se sont donc présentés d’eux-mêmes aux séances hebdomadaires de laboratoire du trimestre d’automne, ayant constaté l’importance de cette compétence en milieu de travail.

Découvrir le monde professionnel

Conscients qu’ils s’adressaient à des étudiants au seuil d’une première expérience de travail ou d’une seconde carrière, tous les hôtes se sont efforcés de bien leur expliquer la profession de langagier et de leur faire connaître les attentes professionnelles liées à celle-ci. Ils n’ont par ailleurs pas hésité à répondre à leurs questions. De leur côté, les étudiants ont bien reçu ces renseignements rares et privilégiés qui illustraient de façon claire les liens entre le monde universitaire et le milieu professionnel.

Dans cette perspective, les lectures préalables ont trouvé leur valeur pratique. En effet, les étudiants ont découvert que certains textes scolaires accordent un poids démesuré à un volet peu présent sur le marché, soit la recherche terminologique thématique. Les entreprises se concentrent en général sur des recherches ponctuelles, menées dans de brefs délais car dans ce monde réseauté, où le temps presse et où la concurrence est forte, le rapport qualité-prix doit séduire le client.

Par ailleurs, les participants ont observé le contraste entre certains milieux où la terminologie ne figure pas au premier plan et d’autres où une solide équipe de terminologues s’affaire à enrichir la qualité des traductions; ou encore la différence entre la traduction d’un rapport annuel, qui s’effectue parallèlement à la rédaction en raison des délais serrés de production du document, et la traduction quatre fois révisée de la monographie d’un produit. Ils ont également constaté que les pressions commerciales éclipsent parfois les meilleures recommandations terminologiques.

L’expérience humaine

 

Entraide Pleins feux sur l’encouragement mutuel et l’entraide. Photo : gracieuseté de Jean Quirion

Au-delà de la formation universitaire, il y a les gens. Termino à vélo, c’est, outre l’acquisition de connaissances terminologiques, le développement de l’esprit d’équipe et l’effort collectif vécu au quotidien. Les participants travaillent ensemble pour atteindre des objectifs communs, s’encouragent mutuellement et célèbrent les exploits des uns et des autres. L’habileté à adhérer à une pensée collective, au-delà de sa propre personne, représente d’ailleurs une valeur ajoutée pour les employeurs. La collaboration sert en effet autant à rouler en peloton qu’à mener à bien un important contrat de traduction.

 

 

 

Jean Quirion est directeur de l'École de traduction et d'interprétation de l’Université d’Ottawa ainsi que professeur agrégé et membre de la Faculté des études supérieures et postdoctorales de la même université. Joanie Brault, Nancy Fullerton, étudiante inscrite à l’OTTIAQ, André LaFrance, membre étudiant de l’ATIO, et Kira Sabrina sont étudiants à l’Université d’Ottawa.

Above and Beyond: The Future of Terminology

What is the future of terminology, and specifically terminology in Canada? In a language industry dealing with increasing demand and limited resources, is terminology management becoming a luxury that most can no longer afford? A closer look at the field shows that there are exciting new directions opening for terminology and terminologists, and that we have considerable development to look forward to.

By Elizabeth Marshman

Where is terminology going?

Choosing a few key words to describe the terminology of tomorrow is not necessarily an easy task, but here are predictions for the signposts that will direct terminology into the future. One absence may at first seem surprising: technology will not be included as a keyword in the list, for the simple reason that it is so well established in the terminology of today. Terminology management systems, term extractors and other software tools provide a valuable kickstart to many terminology projects now, and as technology evolves, the starting point they provide is becoming more and more efficient and useful. While we will no doubt continue to call on a wide range of tools for terminology work and will make good use of new developments, anticipated contributions from technology will be integrated into the discussion of the other key predicted directions for the field.

Wherever it is, we are going together

To begin with, tomorrow’s terminology will be connected and collaborative. This is not revolutionary, since terminology work has always required exceptional skills in obtaining and synthesizing information from clients, experts and colleagues. Technology can certainly not hope to replace these human skills. This is a key point in the picture of terminology’s future, and one made strongly by Melby (2012): despite the widespread availability of useful and user-friendly tools such as corpora and concordances (as highlighted e.g. in Bowker (2011)), high-quality professional terminology work offers strengths that are undeniable. While recent developments in both tool design and performance (e.g. bilingual extraction of terminology, extraction from comparable corpora) are improving technological performance, human performance, that is, the skills of a highly trained language professional remain necessary to filter and refine the results of automatic processing. We can, however, see the effects of increasingly available and useful technologies both in providing frameworks for collaboration and in changing our expectations of collaborative work, of how we collaborate, and with whom.

Cloud-based resources and client-server architectures for terminology management systems and other computer-aided translation technologies—which allow users to access software and resources from almost any computer—continue to make it easier for a variety of stakeholders not only to consult but also to add to and enhance termbases. The option for translators, writers, revisers and terminologists to share large-scale textual resources (e.g. translation memories, corpora) and to access and/or modify termbases in different ways based on user profile and needs, are making it easier for various participants in the documentation process to make contributions to terminology resources. By sharing the load of tasks such as identifying and researching new terms and building preliminary entries in termbases, terminologists can be better informed about user needs and potentially devote more of their time to the tasks that require their particular, highly developed skillset. Starting from contributions from users and translators may help free up terminologists’ time to carry out tasks such as in-depth analyses of tricky conceptual distinctions, coining new terms when needed, evaluating and recommending the most suitable among competing terms, and providing expert advice on using those terms. This can ultimately allow us, together, to develop more complete and comprehensive terminology products for the future.

Collaboration in creating and maintaining terminology resources is of course not limited to team members or freelancers and clients; the wider community is also increasingly able to share in the creation of shareable terminology resources through services such as TermWiki.1 By making their term records available, and contributing to editing and evaluating those of others, users are sharing their knowledge and the fruits of their research in innovative ways. While the resources created are undeniably different from those created by experts and terminologists, the very fact of sharing and consulting term resources helps highlight the need for terminology research and management. This practice has the potential to help users better appreciate the quality, completeness and rigour of resources created by professional terminologists. In turn, user-created resources provide unique insights into the needs and practices of language professionals and users of terminology that may help the field evolve in productive ways and perhaps even shape the future of terminology training.

We are breaking new ground

Not only the recording and description of terminology, but also the coining and recommending of terms, are promising areas for collaboration with a greater pool of language professionals, subject field experts, and others with an interest in terminology. While terminologists’ expertise in term coinage and evaluation is both valuable and necessary, the issue of usage and adoption (i.e. terminology implementation) is a complex one, and it is critical to gather feedback from potential users to fully understand the potential of terms and what makes them work (or not).2 Tools such as websites, discussion boards and social media open new channels of bidirectional communication: users can be invited to contribute suggestions, feedback and opinions to terminologists at a scale and speed we have rarely seen previously. The seeds of this approach have been seen in a few previous projects (e.g. FranceTerm’s WikiLF3), but have not yet fully borne fruit. We will see more growth in this direction as we seek to respond better to user needs.

This is another key direction: tomorrow’s terminology will be proactive. Terminology work has always been carried out based on an understanding of stakeholder and user needs, and the scope and content of terminology products (term banks, termbases, glossaries, etc.) are adapted to meet these requirements and to work with available resources. The evolution of terminology products has been constant, with technology contributing its part by offering increasingly powerful frameworks for terminology description. Many term banks and bases are now adapted to offer features such as access to multimedia elements (e.g. links, images, graphics, sound, or even video), information that goes beyond standard term record fields (e.g. information on collocations or semantically related terms).

We are building solid new frameworks

The customization of terminology resources such as termbases and their increasingly diversified structures may have unintended consequences for the potential for connection and collaboration, as bases with different fields and conventions for recording information can be challenging to merge and harmonize. The search for a happy medium between exchangeability and customization is illustrated clearly in the initiative behind the ISO Standard 30042 (Systems to manage terminology, knowledge and content – TermBase eXchange). Designed to boost the potential for termbases to be exchanged, shared and merged (and thus increase the return on the investment in developing them), the TBX standard nevertheless needed to recognize the value of customization to terminology users. By developing not only strategies for handling inter-termbase variation, but also different variants or ‘dialects’ of TBX to suit different goals and uses of terminology resources (including manual and automated use), the creators are attempting to ensure that the standard fulfills its mandate while also adapting to real-world usage.

It is also worth noting that the work is not limited to terminology resources per se. Core elements of terminology work are also closely linked to tasks such as the development of ontologies, which provide rich, formal descriptions of subject fields for purposes ranging from information management to the construction of computer tools in the field of artificial intelligence (and beyond).

Nevertheless, even the central skills and working methods of the terminologist may well evolve with the changing needs of users and applications. While, terminology work has traditionally remained highly concept-centred, recent developments in terminology theory have introduced new approaches that place more focus on the linguistic and semantic aspects of terms and how they work in texts. By seeing terms from novel angles, approaches such as socio-cognitive, lexico-semantic and frame-based terminology (e.g. Temmerman 2000, L’Homme 2012, Faber et al. 2014)4 have shed light on their characteristics and uses that have previously been overshadowed by the description of concepts. Increasing attention to the connections between terms, and between terms and other elements of specialized language, to the nuances of those relationships, and to the similarities, overlaps and conflicts between meanings in specialized language, has led to the creation of terminology resources that constitute rich repositories not only of conceptual but also of linguistic knowledge. While these approaches may require terminologists to adopt a somewhat different approach than they are used to, they may well be exactly what some users are looking for in terminological description. Responding to those needs will help terminology remain both current and valuable, as well as meet users’ needs effectively and efficiently.

We are seeing the field from new perspectives

The sine qua non of this proactive approach is, of course, understanding and appreciating user needs. As the focus on process-based translation studies research grows, the use of these approaches will expand further into the realm of terminology. The descriptive value of approaches using methods such as eye-tracking, keystroke logging, screen recording and interviews, is being increasingly recognized in translation and translator training (e.g. Enríquez Raído 2014, Massey and Ehrensberger-Dow 2011, Désilets et al. 2009)). In the near future, such methods will be used increasingly to study how terminologists carry out their tasks (e.g. with the aid of computer tools), and also how users consult and interpret the fruits of their labours in the form of term banks and termbases. This opportunity to not only hear about, but also see how users actually work with terminology resources and tools will enable tool developers, terminologists and other stakeholders to assist in streamlining processes and in creating more adapted resources.

We are moving forward

All this will involve change, and yes, as difficult as it sometimes may be, tomorrow’s terminology will be dynamic. Certainly, with ever-shorter deadlines and ever-changing expectations, terminology already is a changing and changeable occupation. And it will become even more so.

There are few examples that so clearly demonstrate that terminology is a field on the move than the course Termino à vélo / Terminology Bicyclass,5 given for the first time in August 2016 by Jean Quirion of the University of Ottawa. A first in terminology training, based on a model created at Montreal’s HEC,6 during a two-week cycling trip through Québec, students were brought into contact with terminology work in real-life situations. The trip introduced budding translators (and, dare we hope, terminologists) to the field, exposing them to diverse, genuine, current, and variable issues by meeting individuals who face such challenges every day. They had time to reflect on what they had learned in the company of their fellow students. The course helped them gain a new appreciation for the potential of, and interest in terminology and the important role it plays in the language industry and beyond. While short, the trip was a great opportunity for the students to see how dynamic terminology can be. Trainers of future translators and terminologists can certainly benefit from this spirit of innovation to help introduce their students to the multifaceted and complex world of terminology.

In fact, the ongoing changes in the field will have many implications for the training of future translators. Instructors now have even more varied opportunities to help students explore the world of terminology, from the needs and opinions expressed by users to various strategies terminologists use in their work. We are seeing increasing innovation in the ways that students are being exposed to the potential—and the pitfalls—of terminology work. Moreover, students have increasing opportunities to share their discoveries and reflections with others and to potentially make a real contribution to advancing terminology work even as they acquire new skills. It will be critical for instructors to continue to innovate in the design of their courses to take advantage of the possibilities these new developments offer to ensure students become engaged with the problems they are working on from the beginning, and to see the possible contributions they can make to the language industry and beyond.

We are going above and beyond

This raises one final but central point: tomorrow’s terminology will hopefully be visible and valued, since if members of the language industry and their clients lack the opportunity to see the contribution that terminology makes, they cannot fully appreciate its value. It is essential for terminologists to call attention to the important role that terminology work plays in the language industry. The challenges of quantifying the return on investment in terminology work are well known and difficult to surmount, but by calling attention to the benefits (financial and otherwise) of effective and high-quality terminology work—whatever the scale or the nature of its contribution—we can continue to promote the value of terminology and move towards opportunities to continue to go above and beyond.

1 TermWiki. CSoft International, Ltd. http://en.termwiki.com/ For some discussion of this resource from a terminological perspective, see Gariépy (2013).

2 For more on this issue, consult studies on terminometrics, including e.g. Quirion (2003).

3 WikiLF. FranceTerm. http://wikilf.culture.fr/4 For some examples, consult the EcoLexicon (Faber et al., http://ecolexicon.ugr.es/en/index.htm) and the DiCoEnviro (L’Homme et al., http://olst.ling.umontreal.ca/cgi-bin/dicoenviro/search_enviro.cgi).

5 Gillet, B. “Prof to lead course on two wheels.” The Gazette, University of Ottawa. 6 July 2016. https://www.uottawa.ca/gazette/en/news/prof-lead-class-two-wheels

6 Original course developed at HEC by Anne Pezet and Brian King. http://www.hec.ca/etudiant_actuel/mon_programme/baa/campus_internationaux/Tour_du_Quebec.pdf

References

Bowker, Lynne. 2011. “Off the record and on the fly: Examining the impact of corpora on terminographic practice in the context of translation.” In A. Kruger and K. Wallmach (Eds.), Corpus-based Translation Studies: Research and Applications. Manchester: St. Jerome Publishing.

Désilets, Alain, Christiane Melançon, Geneviève Patenaude, and Louise Brunette. 2009. “How translators use tools and resources to resolve translation problems: An ethnographic study.” Machine Translation Summit XII, 26-30 August 2009, Ottawa, Ontario. http://mt-archive.info/MTS-2009-Desilets-2.pdf

Enriquez Raído, Vanessa. 2013. “Using Screen Recording as a Diagnostic Tool in Early Process-oriented Translator Training.” In D. Kiraly, S. Hansen-Schirra, and K. Maksymski (Eds.), New Prospects and Perspectives for Educating Language Mediators. 121-138. Tübingen: Gunter Narr.

Faber, Pamela, Pilar León-Arauz and Arianne Reimarink. 2014. “Representing Environmental Knowledge in EcoLexicon.” In E. Bárcena, T. Read and J. Arus (Eds.), Languages for Specific Purposes in the Digital Era. Educational Linguistics 19. 267-301. Springer.

Gariépy, Julie L. 2013. « La collaboration en terminographie : étude de cas comparée de la terminographie collaborative et de la terminographie classique. » M.A. Thesis, University of Ottawa. http://dx.doi.org/10.20381/ruor-2886

L’Homme, Marie-Claude. 2012. “Adding Syntactico-semantic Information to Specialized Dictionaries: An Application of the FrameNet Methodology.” Lexicographica 28: 233-252.

Massey, Gary and Maureen Ehrensberger-Dow. 2011. “Investigating information literacy: A growing priority in translation studies.” Across Languages and Cultures 12 (2), 193-211.

Melby, Alan K. 2012. “Terminology in the age of multilingual corpora.” JoSTrans 18: 7-29.

Quirion, Jean. 2003. « La mesure de l’implantation terminologique : proposition d’un protocole. Étude terminométrique du domaine des transports au Québec. » Langues et sociétés 40. Montréal, Office québécois de la langue française.

“Systems to manage terminology, knowledge and content -- TermBase eXchange (TBX).” ISO 30042:2008. Geneva: International Organization for Standardization. https://www.iso.org/standard/45797.html

Temmerman, Rita. 2000. Towards New Ways of Terminology Description: The Sociocognitive Approach. Amsterdam/Philadelphia: John Benjamins.


Elizabeth MarshmanElizabeth Marshman is a member of l’Observatoire de linguistique Sens-Texte / Joint Committee on Terminology in Canada and an Associate Professor, School of Translation and Interpretation, University of Ottawa.

La terminologie thématique : le cas Lee Valley

Lorsque l’entreprise ottavienne Lee Valley, spécialisée dans la fabrication et la vente d’outils et d’accessoires pour le travail du bois et le jardinage, d’articles de quincaillerie et de produits variés pour la maison, a confié à Francisation InterGlobe (FIG) le mandat de traduire son site Internet de l’anglais vers le français, la question de la terminologie s’est rapidement élevée au rang des priorités.

Par Vincent Roy

Quel que soit le domaine, la terminologie thématique représente un défi. C’est d’autant plus vrai dans le cas du travail du bois, qui, chez nous, repose à la fois sur un héritage européen de plusieurs siècles et une réalité nord-américaine à laquelle on ne peut échapper. Ajoutez à cela le nombre limité d’ouvrages de référence en français dans ce domaine, et vous comprendrez la difficulté de constituer un lexique bien adapté au contexte français d’ici. Qui plus est, une grande partie des ouvrages de référence récents dont on dispose est constituée d’ouvrages britanniques qui ont été traduits en France avant de nous parvenir. Cet exemple explique, entre autres, qu’on trouve certaines équivalences erronées dans des bases terminologiques pourtant réputées, car la terminologie européenne ne concorde pas toujours avec la réalité nord-américaine. La situation illustre bien la complexité du travail des traducteurs et des terminologues.

Une stratégie bien orchestrée

Pour contourner ces obstacles, FIG et Lee Valley, dont le site Internet présente des milliers de produits accompagnés de descriptions et souvent de modes d’emploi ou de notices techniques, ont adopté une approche globale. Une des premières mesures établie a été de faire appel à une terminologue en pratique privée. Le travail de cette terminologue, qui s’effectuait parallèlement à celui des traductrices et des traducteurs, consistait à dépouiller les pages du site afin de constituer un lexique propre à l’entreprise et, surtout, adapté à notre réalité. Dans le même esprit, FIG a également sollicité la collaboration de spécialistes de divers domaines tels que l’ébénisterie, la finition de meubles et l’affûtage des outils de coupe.

Un comité de francisation composé de représentants de Lee Valley et de FIG a par ailleurs été chargé d’assurer la qualité du français du site Internet de l’entreprise. Il a été particulièrement actif pendant la phase initiale du projet de francisation : ses membres se sont non seulement penchés sur des cas de terminologie épineux, mais ils ont également établi les règles de présentation du site. À cet égard, un guide stylistique a été produit pour Lee Valley de manière à assurer l’uniformité des diverses publications Web ou imprimées de l’entreprise.

Au-delà de la collecte de données

Si la terminologie relative au travail du bois est riche (encore faut-il trouver les équivalences appropriées), les terminologues et les traducteurs qui s’attaquent à ce domaine – qui a représenté le plus important défi pour l’équipe de FIG – n’en rencontrent pas moins des surprises à l’occasion. Le cas des rabots nous en fournit un bon exemple. Mais une mise en contexte s’impose.

Il existe deux « traditions » dans le monde des rabots : les rabots en bois et les rabots métalliques. Jusqu’au XIXe siècle, les rabots étaient majoritairement faits de bois, tant dans les pays anglo-saxons que francophones (et ailleurs dans le monde, bien sûr). À l’époque, la question des équivalences lexicographiques ne se posait pas. Les choses se sont compliquées quelque peu avec l’apparition des rabots métalliques, ceux-ci étant en grande partie d’origines britannique et états-unienne. Par analogie de forme et de fonction, les rabots métalliques pouvaient prendre le nom de leurs prédécesseurs en bois, comme c’est le cas du guillaume ou de la varlope. Il en allait autrement des rabots spécialisés, dont le hinge mortise plane, breveté par Lee Valley.

Rabot La collaboration de Lee Valley et de FIG a conduit à l’ajout du terme rabot à entailler pour charnière à la nomenclature française des rabots. Photo publiée avec la permission de Lee Valley Tools LTD.

En outre, on sait que des rabots ayant la même fonction s’emploient au moins depuis la fin des années 1940. Une recherche exhaustive (en anglais) a révélé que des modèles du genre en bois auraient cependant existé, mais malgré ses efforts et la magie d’Internet, l’équipe de FIG n’a trouvé nulle trace de cet outil dans le monde francophone. Son travail dans ce contexte a donc consisté à étayer sa recherche et à soumettre certaines propositions à son client afin de créer un nom français pour cet outil. C’est ainsi qu’est né le rabot à entailler pour charnière qui, comme son nom l’indique, est spécialement conçu pour évider les entailles où s’insèrent principalement des charnières, ainsi que d’autres pièces de quincaillerie. Ce dernier point a d’ailleurs été pris en considération lorsque FIG a présenté ses propositions de néologismes aux spécialistes de l’outillage et à l’équipe responsable de la francisation chez le client.

Et ça se poursuit! Même après six années d’étroite collaboration, rares sont les journées où il n’y a pas un « cas » de terminologie à résoudre. Ce travail est hautement gratifiant, car les efforts consentis contribuent à faire de l’entreprise une référence en matière de terminologie dans le domaine du travail du bois. 

Vincent RoyRéviseur principal chez Francisation InterGlobe, Vincent Roy est depuis six ans rattaché au projet de francisation de l’entreprise Lee Valley. Pendant une vingtaine d’années, il a occupé le poste de rédacteur en chef d’une revue mensuelle qui se consacrait à l’ébénisterie et à l’habitation.

 

L’emprunt linguistique : du nouveau à l’OQLF

Depuis plus de cinquante ans, l’Office québécois de la langue française (OQLF) s’emploie sans relâche à garder la langue française vivante au Québec. L’aménagement linguistique est au cœur de ses travaux, et le traitement de l’emprunt est une composante essentielle de son action de francisation et de promotion du français.

Par Johanne Maltais

Des années 1960 jusqu’au tournant des années 1980, l’évaluation des emprunts s’est effectuée, à l’Office, en fonction de la dichotomie emprunts de luxe/emprunts de nécessité, sans suffisamment tenir compte de l’usage réel, d’une part, et des ressources du français, d’autre part. Par la suite, c’est la coexistence entre un terme français et un emprunt qui est devenu le critère implacable d’exclusion de ce dernier.

Vers une nouvelle stratégie terminolinguistique

Au fil du temps, toutefois, un constat s’est imposé. Les décisions qui ne tiennent pas compte des emplois légitimés, ou qui les contredisent parfois, ne servent pas toujours l’atteinte des objectifs en aménagement linguistique. En fait, pour que l’Office mène à bien sa mission de francisation, il est nécessaire que son message soit non seulement entendu, mais également reçu et, surtout, relayé par les locuteurs et les locutrices. Le fait de déconseiller, envers et contre tous, l’emploi de certains emprunts depuis longtemps passés dans l’usage français neutre ou standard (par exemple, match, leadership ou cocktail) n’a pas toujours eu les effets escomptés et a sans doute contribué à donner de l’Office une image d’intransigeance.

Il a donc fallu se rendre à l’évidence : l’aménagement linguistique ne peut plus se faire en vase clos, à la recherche d’un idéal langagier souvent inatteignable. L’omniprésence et la rapidité des communications, ainsi que l’influence énorme des médias sociaux, augmentent le pouvoir et le poids de l’usage effectif, qui rivalise fortement avec les prescriptions des organismes d’aménagement et autres critiques de la langue. Dans un tel contexte, puisque les travaux de l’Office ont comme objectif ultime de voir s’implanter les termes qu’il propose, la stratégie terminolinguistique la plus sensée en matière de traitement de l’emprunt est certainement d’adapter ses actions à la réalité sociolinguistique actuelle et d’effectuer les changements qui s’imposent dans les méthodologies de travail, tout en respectant, bien entendu, l’esprit du mandat confié à l’Office par la loi.

Pour un renouveau dans la continuité

C’est dans cet esprit que l’Office a revisité ses processus d’analyse des emprunts et a adopté, le 31 janvier 2017, une nouvelle Politique de l’emprunt linguistique. Les modifications et les ajouts sont nombreux, mais ils s’inscrivent néanmoins dans la continuité des réflexions qui les précèdent. De fait, les grands principes énoncés dans la politique de 20071 restent généralement d’actualité. Ainsi, la norme de référence, pivot de toutes les analyses, demeure le français standard en usage au Québec. De plus, la politique continue de promouvoir l’amélioration de la compétence linguistique des locuteurs et des locutrices et la stimulation de la créativité lexicale en français. Cependant, l’importance accordée à certains principes diffère. La reconnaissance d’emprunts implantés et légitimés en français est dorénavant un principe phare, par exemple.

En outre, bien que les principaux critères d’analyse des emprunts soient les mêmes, ils sont envisagés différemment. La coexistence d’un terme français avec un emprunt à l’anglais, par exemple, n’est dorénavant plus un critère de rejet absolu de ce dernier. En fait, l’acceptation ou la non-acceptation d’un emprunt n’est pas tributaire d’un seul critère, mais repose sur l’analyse de plusieurs éléments interreliés, comme on peut le constater dans le schéma décisionnel ci-dessous. Cette représentation simplifiée illustre les divers éléments de recherche et les « chemins » d’analyse que la politique de 2017 propose pour le traitement des emprunts intégraux, des emprunts hybrides ou des faux emprunts à l’anglais2. Il est à noter que les calques de l’anglais et les emprunts à d’autres langues sont traités en fonction de schémas décisionnels adaptés à leurs particularités. image graphique

Un pas en avant

La Politique de l’emprunt linguistique de 2017 représente un pas en avant important pour l’Office. Il n’en reste pas moins que la résistance à l’envahissement du français par l’anglais demeure le principal cheval de bataille de l’Office québécois de la langue française. Cette résistance s’organise dorénavant en fonction d’une vision plus actuelle de la langue française, cette belle épicurienne qui s’approvisionne à tous les étals.

En définitive, les apports externes, dans le développement d’une langue, ont toujours existé, et on n’y changera rien. Il importe malgré tout, pour l’Office, d’en canaliser la portée afin d’en contrôler avec lucidité les effets dans la langue d’accueil.

1. Office québécois de la langue française. Politique de l’emprunt linguistique, [Montréal], 2007, 22 p. (politique adoptée par l’Office québécois de la langue française à sa séance du 14 septembre 2007).

2. Emprunt intégral : unité lexicale d’une langue emprunteuse qui résulte du transfert complet de la forme et du sens d’une unité lexicale d’une autre langue, sans adaptation ou avec une adaptation minimale (p. ex., parking); emprunt hybride : unité lexicale d’une langue emprunteuse qui résulte du transfert du sens et de la traduction partielle de la forme d’une unité lexicale d’une autre langue; faux emprunt : unité lexicale nouvelle dans une langue emprunteuse, qui résulte d’un transfert de traits formels empruntés à une autre langue, mais dont la forme, intégrale ou non, n’existe pas dans cette dernière.

Johanne MaltaisJohanne Maltais est terminologue à l’Office québécois de la langue française depuis 2001, où elle agit à titre de terminologue experte responsable des politiques et des méthodes de travail. De 2013 à 2017, elle a œuvré au sein du comité responsable du remaniement de la Politique de l’emprunt linguistique.


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