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L’adaptation culturelle

Isabelle Veilleux, traductrice agréée, et Stéphan Gervais, traducteur agréé

Les langagiers font de l'adaptation tous les jours, naturellement, souvent sans s’en rendre compte. Mais, pour paraphraser le philosophe Alain, le plus difficile consiste à faire, en y pensant, ce que tout le monde fait sans y penser. L'adaptation ne se résume pas à convertir les milles en kilomètres; quand le texte de départ se corse, il faut se brancher sur la culture de la langue d'arrivée.

Les collaborateurs à notre dossier proviennent d'horizons différents. Luc Panneton, rédacteur, livre ses réflexions sur l'adaptation publicitaire. Sans être traducteur, il a dû, plus souvent qu'à son tour, adapter pour le Québec des campagnes créées ailleurs au Canada. Toujours dans le domaine de la publicité, Hugo Vandal-Sirois, traducteur rompu à l'adaptation pour les marchés canadiens, présente une foire aux questions cocasse sur son métier. Force est de constater que pour faire de l'adaptation, en plus d'une certaine dose d'humilité, il faut un solide sens de l'humour.

Pour une bouffée de fraîcheur, nous nous rendons en Sibérie où Liudmila Nikerova et Igor Linnikov peaufinent leurs adaptations vers le russe. Partout, toujours, le même souci de s'imprégner de la culture et de transmettre l'essence du texte au lecteur, pour que l'idée l'emporte sur le mot.

Enfin, Béatrice Compagnon nous amène faire un tour du côté des jeux vidéo. Pour que les personnages qui prennent vie sur les écrans des consoles fassent vibrer les joueurs, il faut qu'un traducteur, ou plutôt un groupe de professionnels, se charge de la localisation. C'est en effet toute une équipe qui recréera l'univers du jeu en l'adaptant au pays auquel il est destiné.

Il n'y a pas de recette miracle. La seule façon d'adapter un texte et de réussir à toucher le public cible, c'est de connaître à fond la société au sein de laquelle il sera lu. Nous espérons que ce dossier vous permettra de comprendre davantage l'adaptation, domaine où, quand le produit final est réussi, on ne remarque rien!


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