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Le DDF : concept formidable, produit à peaufiner

Vous en avez probablement entendu parler au moment de son lancement pendant la semaine de la Francophonie. De quoi? Du Dictionnaire des francophones, le DDF de son petit nom! En mars 2021, nous l’avons vu partout, sur toutes les tribunes. Entièrement en ligne, ce dictionnaire qui se veut rassembleur s’est donné pour mission de fournir aux francophones un accès à toute la richesse de leur langue telle qu’elle s’exprime partout sur le globe. L’idée derrière cet ouvrage est de répertorier toutes les variétés du français et de recenser les mots et expressions utilisés par les francophones du monde entier.

Pour la petite histoire, c’est en octobre 2018, au Sommet de la Francophonie à Erevan, en Arménie, que le président de la République française, Emmanuel Macron, a déclaré vouloir dépoussiérer un « espace [francophone] fatigué » et en faire une « francophonie de résistance et de reconquête ». De ce vœu est né le DDF. Bien que le dictionnaire ait été réalisé par la France, toute la francophonie a été invitée à y participer. Les ressources lexicographiques qui y sont intégrées actuellement sont le Wiktionnaire francophone, l’Inventaire des particularités lexicales du français en Afrique noire, le Dictionnaire des synonymes, des mots et expressions des français parlés dans le monde, l’ouvrage Belgicismes — Inventaire des particularités lexicales du français en Belgique, le Dictionnaire des régionalismes de France, la Base de données lexicographiques panfrancophone et le Grand Dictionnaire terminologique. Ce dernier, mis à contribution par l’Office québécois de la langue française, a fourni quelque 4 500 termes au DDF. 

Pour ce qui est de la méthodologie générale utilisée, le comité scientifique qui assure la mise en œuvre de l’ouvrage a choisi de représenter toutes les variétés de français sur un pied d’égalité, s’éloignant ainsi de la tradition selon laquelle il n’y aurait qu’une seule norme en français. Les francophones de partout peuvent donc se réapproprier fièrement le véhicule de leurs communications. Puisant dans les ressources langagières de 52 pays et de 112 territoires, le DDF illustre la variété et la richesse de la langue française en nous présentant (déjà) plus de 500 000 mots et expressions, grosso modo huit fois plus que ce qu’on trouve dans Le Petit Robert. Qui plus est, chaque utilisatrice ou utilisateur peut enrichir le DDF. Il suffit de se créer un compte pour faire connaître le parler de son coin de pays. La contribution au DDF est immédiate, tout en restant encadrée. En effet, des administratrices et des administrateurs relisent toutes les contributions, y apportent des corrections le cas échéant et suppriment les participations inappropriées. Les droits de correction et de suppression sont réservés à ces personnes; les membres peuvent uniquement procéder à des ajouts.

Le concept qui a guidé ce projet est formidable, mais il faut mettre quelques bémols à l’enthousiasme lexicographique. En effet, pour le moment, le dictionnaire tient davantage du cabinet de curiosités que de l’outil à proprement parler. Son intérêt réside surtout dans l’abondance des collaborations qu’il a attirées tant de la part des particuliers que des institutions de nombreux pays et espaces francophones. Mais comme il est appelé à évoluer au fil des ajouts et des collaborations, il ne peut que s’améliorer. Il faudra retourner le consulter régulièrement. 




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