Publicité bien ordonnée

Par Johanne Boucher, traductrice agréée, et Réal Paquette, traducteur agréé

Nous avons tous vu la campagne de publicité des comptables  _ _ _fessionnels agréés… Certains ont vu celle de l’Association canadienne de la paie… Bientôt nous verrons celle des traducteurs agréés!

En effet, à l’assemblée générale annuelle (AGA) de l’Ordre, le 18 juin dernier, les membres présents ont choisi, par un vote majoritaire, d’appuyer un projet de campagne publicitaire proposé par le Conseil d’administration (CA).

Dans la foulée du plan stratégique 2014-2017, qui met l’accent sur le rayonnement de l’Ordre et de ses membres, le CA a demandé à l’agence Réservoir de préparer un projet de campagne visant d’abord et avant tout à accroître la notoriété de l’Ordre. En outre, le Comité exécutif (CE) a créé un groupe de réflexion pour accompagner l’agence tout au long de l’élaboration d’une campagne pluriannuelle d’une valeur de 500 000 $. Le groupe est composé des personnes suivantes : Sofia Bulota, chargée de projets – Communications, Claude Dutil, administrateur nommé et ancien propriétaire d’une agence de publicité, Sylvana Nahman, traductrice agréée et rédactrice agréée, et Réal Paquette, traducteur agréé et président. Johanne Boucher, traductrice agréée et directrice générale, participera aux rencontres du groupe de réflexion jusqu’à l’entrée en fonction du prochain titulaire de la direction – Communications et service à la clientèle.

À l’occasion de l’AGA, Simon Boulanger, associé de l’agence Réservoir, a donc présenté les principaux constats sur la valeur du secteur de la traduction, sur le peu de notoriété de l’Ordre et sur la perception qu’a le grand public de nos professions. Sur le plan des objectifs, la campagne visera en premier lieu à ce que l’OTTIAQ soit reconnu comme un ordre important, au même titre que ceux des psychologues, des comptables ou des architectes.

M. Boulanger a aussi mis en perspective les moyens financiers dont dispose l’Ordre par rapport à l’ensemble des dépenses annuelles en publicité au Québec. Force est d’admettre que nous n’avons pas les moyens de nous offrir une présence publicitaire tous azimuts, dans tous les médias. Si nous ne pouvons concurrencer les grands annonceurs sur le plan des investissements, nous pouvons nous démarquer en misant sur l’intelligence, la pertinence et le ton. Il faut aussi éviter de diluer nos efforts en essayant de rejoindre un trop vaste public; la campagne ciblera donc les clients et les employeurs de grande, moyenne ou petite envergure du Québec, en commençant par les gens d’affaires circulant au centre-ville de Montréal.

Étant donné que l’interaction avec le public sera assez brève, comme dans une séance de rencontres express (speed dating), le défi sera d’exprimer la diversité et la profondeur des services professionnels offerts par les traducteurs agréés dans une idée simple, pertinente, intelligente, sympathique et surprenante.

Simon Boulanger a présenté une amorce de campagne d’affichage et un logotype qui serait la signature de la campagne. Puis il a conclu comme suit : « Une fois c’t’un groupe de traducteurs qui se réunissent pour se donner de meilleurs moyens de faire rayonner leur profession… »

Les membres réunis en AGA ont eu l’occasion de donner leur avis tant sur le fond que sur la forme des propositions, et leurs commentaires ont été notés. Le groupe de réflexion s’en saisira et verra avec l’équipe de Réservoir comment traduire le tout dans les différentes phases de la campagne.

À l’issue d’un vote secret, les membres ont majoritairement accepté la formule de financement proposée par le CA, à savoir une cotisation spéciale de 50 $ par membre et par année pour les trois prochains exercices (soit un total de 300 000 $), et des tirages de 100 000 $ chacun sur l’avoir des membres (surplus cumulés) et sur l’excédent du fonds de stabilisation des primes d’assurance responsabilité professionnelle (soit 200 000 $ en tout).

C’est donc un demi-million de dollars que nous investirons collectivement pour qu’après presque vingt-cinq ans d’existence, notre Ordre soit davantage connu et reconnu.

Par ailleurs, au cours de la réflexion, il a évidemment été question de la marque que nous voulions promouvoir, et il nous est apparu clair que les membres de l’Ordre devaient eux-mêmes soutenir cette marque en écrivant non plus « trad. a. », « term. a. » ou « int. a. » après leur signature, abréviations qui ne veulent rien dire pour le grand public, mais bien « traducteur agréé », « terminologue agréé » ou « interprète agréé ».

Évidemment, étant donné nos moyens financiers limités, nous devrons nous démarquer, et il reviendra à chacun des membres de soutenir la campagne collective par des gestes individuels.