Agir, influencer, innover

Par Sébastien St-François, trad. a.
Responsable du Comité du programme du congrès 2014

Notre comité s’est mis au travail dès décembre 2013 et c’est au cours de l’hiver que nous avons arrêté le thème du congrès 2014 : Horizon innovation : Nouvelles réalités, nouvelles pratiques. Dans les discussions entre langagiers, il finit toujours par être question de l’évolution de nos conditions de pratique. Nous subissons toutes et tous – à divers degrés – les pressions croissantes d’un marché en évolution. Nous nous posons toutes et tous des questions sur l’avenir de nos professions et sur notre propre avenir comme professionnels. C’est parfaitement normal, mais au-delà des questionnements, il faut agir !

En juin dernier, le conseil d’administration de l’OTTIAQ nous a présenté les grandes lignes du plan stratégique défini pour 2014-2017 : Agir pour influencer. Deux verbes qui résument très bien le défi que les langagiers doivent relever. Notre Ordre souhaite exercer une plus grande influence auprès des différents acteurs du milieu langagier et auprès du grand public. Les membres sont invités à accroître leur influence auprès de leurs clients en mettant en évidence leur titre et en faisant une promotion plus efficace de leur rôle conseil, de leurs compétences et des différents services professionnels qu’ils sont en mesure d’offrir à leurs clients actuels et potentiels.

Bien que notre comité ait élaboré le programme du congrès 2014 sans connaître le contenu de ce nouveau plan stratégique, nous avons visé droit dans le mille en choisissant de mettre l’accent sur l’innovation. Nous devons en effet nous donner les moyens d’exercer une plus grande influence. C’est la suite logique du plan stratégique 2009-2012, qui s’intitulait Prendre sa place. Pour prendre sa place, il faut agir. En agissant, nous voulons influencer. Pour accroître notre pouvoir d’influence, nous devons innover. Innover, c’est changer, c’est créer, c’est évoluer, c’est inventer, c’est lancer, c’est renouveler, c’est transformer... Comme on dit en anglais, to innovate is to think outside the box.

Innovation, action et influence vont donc de pair. Nous pouvons agir de différentes façons. Notre conférencier d’ouverture, Me Louis Fortier, nous a proposé des moyens individuels et collectifs de valoriser les professions langagières tout en veillant à en assurer la reconnaissance et le rayonnement – un mot qui revient à plusieurs reprises dans le nouveau plan stratégique de l’Ordre. Nous pouvons aussi bonifier notre argumentaire en fonction des marchés dans lesquels nous exerçons déjà et que nous souhaitons conserver ainsi que des marchés que nous convoitons.

Bien entendu, l’OTTIAQ, en sa qualité de plus grand regroupement de langagiers au Canada, a un rôle d’influence de premier plan à jouer. Donald Barabé, responsable du Comité sur la réserve d’actes professionnels, a dressé un portrait de notre situation à cet égard. Nous avons appris que l’OTTIAQ a déposé auprès de l’Office des professions du Québec un mémoire demandant la réserve de certains actes en traduction. La suite que donnera l’OPQ à cette demande influera grandement sur l’avenir du marché québécois de la traduction en général et sur celui des membres de l’OTTIAQ en particulier. Plus les actes professionnels qui nous sont réservés seront nombreux, mieux notre profession sera encadrée et plus grand sera l’incitatif pour les non-membres d’adhérer à l’Ordre. L’union fait la force, donc plus l’OTTIAQ comptera de membres, plus son pouvoir d’influence et d’action sera important.

Toutefois, l’influence peut aussi s’exercer individuellement, et c’est là que le rôle conseil des membres de l’OTTIAQ prend toute son importance. Conseiller, c’est influencer. Conseiller, c’est accroître sa valeur. Conseiller, c’est bonifier son argumentaire. Conseiller, c’est faire bénéficier à son client du fruit de son expérience et de son professionnalisme. François Abraham a parfaitement raison : nous devons – tout un chacun – nous approprier ce rôle conseil et le jouer chaque fois que l’occasion se présente. Il y va de notre avenir comme langagiers professionnels.

Enfin, parlons un peu d’innovation. Il y a de nombreuses façons d’innover. Tout ce qui nous entoure évolue : nos outils de travail, les marchés que nous sollicitons et ceux pour lesquels nous travaillons, la concurrence à laquelle nous faisons face, les exigences de nos clients. Maintenir son avantage concurrentiel dans un contexte d’évolution ne passe pas par le statu quo ; nous devons jouer la carte de l’innovation. La majorité de nos membres en pratique privée travaillent en solo. Or, nous réaliserions un coup de maître si nous adoptions un modèle d’affaires beaucoup plus répandu dans les milieux professionnels : le regroupement. Mes Benoit Cloutier et Jasmin Nicol, notaires spécialisés dans ce domaine, nous en ont parlé. La démarche qu’ils proposent vise l’équité entre les partenaires. C’est une démarche qui n’est certes pas simple et qui soulève une foule de questions en cours de route, mais nous sommes nombreux à ne plus aimer travailler en vase clos et à reconnaître les faiblesses inhérentes à ce mode de fonctionnement.

Agir, influencer et innover, donc. Trois verbes d’action qui doivent mener à des mesures concrètes si nous voulons que les conditions d’exercice de demain – qui pointent à l’horizon – nous avantagent. Ne perdons jamais de vue que nous sommes les mieux placés pour promouvoir la valeur professionnelle, économique et sociale de notre contribution à la société québécoise et à la planète entière.